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Future on Stage M&O 2026 : Risette, le luminaire pop-up qui joue avec les angles

Le jury du concours Future on Stage de Maison&Objet a rendu son verdict fin mai 2026, parmi les trois lauréats retenus pour l’édition de septembre, une marque détonne avec des créations originales. Une lampe en carton et papier, montée dans un coin de mur, qui change d’aspect selon l’humeur.
Elle s’appelle Risette et elle tient sa promesse dès le nom.

César Moncaut, Eindhoven et le sens de l’humour
César Moncaut est diplômé du Bachelor de la Design Academy Eindhoven en 2024. L’école néerlandaise est bien connue des lecteurs du blog : on y a croisé Thomas Missé et ses luminaires Minerae, ou encore la démarche sociale de Wei Lun Wang. Eindhoven fabrique des designers qui pensent avant de dessiner, et Moncaut ne déroge pas à la règle.
Après son diplôme, il fonde Risette aux Pays-Bas. Il décrit sa démarche en quelques mots sur son site : collectionner, personnaliser, participer, partager. Et dans la foulée : « Je m’habille en noir et j’aime les choses colorées. » C’est un programme en soi.
Carton et papier, matières premières assumées
Le projet phare de Risette s’appelle Pop Up Lamp. La version 2, actuellement disponible à la vente. Elle est fabriquée à la main, en carton et en papier.
Deux matériaux que l’on ne qualifiera pas de nobles mais qui ont une histoire dans le design d’éclairage : le blog en avait déjà tracé les contours avec les Cardboard Lampshades de Pierre Guibert, ou encore plus récemment avec le travail d’Alix Petit qui transforme des déchets de papier industriel en luminaires sculpturaux. Chez Risette, le carton n’est pas un matériau de substitution, il est le matériau de prédilection pour toutes ses propriétés.
La lampe se monte dans un coin de mur, à l’angle de deux surfaces, là où souvent on ne met rien. Chaque côté mesure 27 x 20 cm. La fixation peut se faire par aimants adhésifs, sans percer, ou par vis pour une installation permanente. Rien de très dramatique côté installation.


Ce qui rend la Pop Up Lamp intéressante, c’est son principe de fonctionnement : ses pages se feuillettent. L’utilisateur fait pivoter les feuilles de papier pour modifier l’aspect de la lampe et adapter la diffusion lumineuse à son envie du moment. L’idée s’inspire directement du livre pop-up, ce format d’édition où la forme surgit à l’ouverture. Ici, c’est la lumière qui surgit, et c’est l’utilisateur qui décide à quelle hauteur s’arrêter.
La couleur comme matière à part entière
César Moncaut ne laisse pas la palette au hasard, les coloris disponibles jouent sur des associations qui méritent qu’on s’y attarde : vert, rouge et jaune d’un côté, bleu marine, rose poudré et vert menthe de l’autre. Ces teintes ont été pensées pour réagir à la lumière et au décor selon les matériaux sur lesquels elles sont appliquées.
Le papier et le carton, par leur texture légèrement granuleuse et leur translucidité partielle, modifient la perception des couleurs une fois la source lumineuse allumée. Ce que l’œil perçoit de jour n’est pas tout à fait ce qu’il perçoit de nuit.
Cette attention portée aux effets chromatiques sur des matériaux accessibles rappelle, dans une approche différente, ce que certains designers ont exploré sur des supports industriels.

Des objets qui invitent à toucher
La marque propose également des miroirs d’angle en bois et en acier, qui jouent sur la perception des espaces intérieurs, ainsi qu’une gamme de cache-prises baptisée Hide & Switch, disponible à 45 euros. Ces petites pièces, fabriquées à la main et distribuées en séries limitées, partagent une même philosophie : l’objet n’est pas passif. Il invite à choisir, à toucher, à le faire sien. C’est l’invitation que résume le nom de la marque, une référence directe à l’expression française « fais risette », cette injonction douce que l’on adresse aux enfants pour les faire sourire.
Côté miroir, on pense inévitablement au miroir BIBI de Benjamin Decle, récemment présenté sur le blog, qui réinterprète lui aussi la relation entre forme, matière et fixation murale dans un registre métal. Les deux démarches n’ont rien à voir, si ce n’est cette même attention portée à l’accroche, au coin, à l’angle.
Future on Stage, un tremplin bien rodé
Future on Stage en est à sa septième édition. Cette année, 331 dossiers ont été soumis, soit une hausse de 30 % par rapport à l’édition précédente. Trois lauréats ont été retenus par un jury composé notamment de Vincent Grégoire de NellyRodi, Franck Millot de Paris Design Week, Florence Delage du Bon Marché et Cristiano Benzoni du studio REV. Le blog avait déjà couvert l’appel à candidatures de cette édition 2026, ainsi que d’autres éditions du dispositif depuis ses premières heures.
Risette rejoindra Baguette Studio, lauréat néerlandais avec ses lampes en cire végétale (déjà présenté sur le blog dans un article consacré à leur collection en cire naturelle), et LightMass by Raw-Edges Studio également présenté sur BED, pour composer le triptyque du Design District lors de l’édition Maison&Objet Pulse du 10 au 14 septembre 2026, à Paris Nord Villepinte.
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