Yellow Nose Studio signe N-08 Indergarten Light, quand la lumière retourne à la maternelle

Yellow Nose Studio signe N-08 Indergarten Light, quand la lumière retourne à la maternelle
22 avril 2026 /
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Hsin-Ying Ho et Kai-Ming Tung, le duo de designers taïwanais installé à Berlin qui répond au nom de Yellow Nose Studio, poursuit son exploration de la série INDERGARTEN avec un nouveau chapitre consacré à la lumière.

Baptisée N-08 Indergarten Light, cette nouvelle déclinaison comprend notamment une applique murale (N08F018) et une lampe à poser (N08F017). L’ensemble reste fidèle au vocabulaire qui a fait le succès de la collection depuis sa première présentation en 2023 à Taipei et Tokyo : un cercle, un carré, un rectangle, et une obsession assumée pour le geste simple d’empiler tel un jeu de construction pour les plus petits.

Le nom du projet est intéressant, en retirant le « K » de Kindergarten, le studio fait un clin d’œil à Friedrich Fröbel, pédagogue allemand qui inventa le concept du jardin d’enfants en 1840. Ici, pas de nostalgie, plutôt une manière de revendiquer le jeu comme méthode de conception. Les deux fondateurs expliquent qu’ils commencent souvent leur journée à l’atelier en jouant avec des chutes de bois, à la façon de cubes de construction. Ce rituel matinal de deux heures, où les pièces tombent, se reconstruisent et se déplacent, finit par produire des objets. On est loin du storytelling calibré des grands éditeurs milanais.

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Des matériaux bruts, sans fard

La collection INDERGARTEN travaille exclusivement avec des bois tendres et denses couramment disponibles dans les magasins de matériaux allemands : hêtre, cèdre, pin, épicéa massif. Les essences sont sourcées en colonnes standardisées de 10×10 cm et 8×8 cm, c’est à dire des sections de charpente. Le bois reste brut, sans teinture, sans finition tape à l’œil, pour laisser respirer le veinage, les nœuds, les légères asymétries. Cette approche rappelle la manière dont Jessica Helgerson travaille le bois tourné traditionnel dans sa collection de lampes Bobine, sauf qu’ici le geste reste volontairement plus architectural et plus taillé à la hache.

Pour les luminaires N-08, les volumes géométriques deviennent à la fois pied, abat-jour et boîtier technique. La lampe à poser N08F017 superpose des blocs aux proportions équilibrées, un cube pour la base, un rectangle qui fait office de colonne, et un volume cylindrique qui accueille la source lumineuse. L’applique murale N08F018 reprend la même grammaire à l’horizontale, avec un équilibre rappelant les jeux de construction de l’enfance. La lumière est diffuse, tamisée par le bois lui même dans certaines configurations, ce qui donne un éclairage doux et directionnel.

Une filiation assumée dans le design contemporain

En croisant le travail de Yellow Nose Studio avec d’autres approches vues sur le blog, on perçoit mieux sa singularité. La lampe Treewood par Entreautre utilisait déjà le bois massif (noyer, frêne, chêne) comme matière structurelle d’une lampe à articulations. Du côté coréen, le studio COG avait proposé avec la Della lamp un duo applique murale et lampe à poser articulé autour d’une géométrie douce. La collection Analog Lights de Chris Granneberg explorait elle aussi la modularité cubique, mais avec une imprimante 3D et un vocabulaire proche du Lego.

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Yellow Nose Studio choisit une voie plus sculpturale, moins industrielle, au plus près du matériau et du geste manuel. La comparaison avec le travail du studio suédois Unit, qui signait la suspension Parametric en 103 pièces de bois découpées au laser, montre bien le spectre : du puzzle paramétrique au bloc empilé à la main.

Fonction, forme et philosophie

Hsin-Ying Ho et Kai-Ming Tung décrivent leur méthode comme celle de sculpteurs. Ils ajoutent et retirent simultanément, et la fonction arrive parfois en dernier. Les luminaires N-08 ne dérogent pas à cette logique. L’objet fonctionne comme lampe, évidemment, mais il garde son statut de totem miniature, d’assemblage quasi enfantin transposé à l’échelle adulte. On pense à Ettore Sottsass, aux blocs de Fröbel, à certaines pièces d’Enzo Mari, sans que la filiation ne soit explicite. C’est plutôt un air de famille, une façon de respecter la matière et l’usager à parts égales.

La pièce s’adresse aux amateurs de design qui préfèrent les objets silencieux et tactiles aux manifestes marketing. Installée sur un bureau ou fixée au dessus d’un canapé, la collection N-08 Indergarten Light rappelle qu’éclairer une pièce peut être aussi une affaire de jeu, de matière et de proportion. Il suffit parfois d’un cercle, d’un carré et d’un rectangle pour que la lumière trouve sa place.

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En savoir plus sur le studio : Yellow Nose Studio

By Blog Esprit Design


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À propos de l'auteur
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Vincent Roméo
Fondateur, rédacteur en chef chez 
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Gardien de la maison BED, fondateur, dévoué je passe mon temps à veiller la nouveauté qui vous fera briller les yeux. En parallèle : Head of digital & Associé 14 septembre - Groupe Extreme

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