Lampe Carapace : le designer lillois qui transforme le déchet en luminaire low-tech

Lampe Carapace : le designer lillois qui transforme le déchet en luminaire low-tech
24 juillet 2026 /
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Peut-on fabriquer une lampe avec ce que l’on a déjà sous la main ?

C’est la question que pose la lampe Carapace, signée Tom Violleau, designer d’objet installé en région lilloise. La réponse tient dans une liste de courses assez peu conventionnelle : une brique trouvée dans le jardin ou une fin de chantier de démolition, des fragments de flacons et de bouchons refondus en plaques, un vieux câble de fer à repasser chiné en braderie, une ampoule de frigo oubliée dans un tiroir, et quelques pièces imprimées en 3D pour tenir le tout ensemble. Le projet porte un nom de série B assumé, Supertrash, et c’est exactement le programme.

Lampe Carapace : le designer lillois qui transforme le déchet en luminaire low-tech

D’où vient le plastique de la lampe Carapace ?

L’histoire commence pendant le Covid. Le fablab où travaille alors Tom Violleau produit des centaines de visières en impression 3D. L’urgence passée, restent les rebuts. Le designer commence par fabriquer des boutons, puis des bijoux, des accessoires, des objets du quotidien. La lampe arrive au bout de cette chaîne d’essais, de tests et prototypes.

Le procédé reste simple, des plaques fines, pressées à partir de plastique broyé, sur des machines disponibles dans les ateliers partagés, notamment celui de la Condition Publique à Roubaix. Ces plaques forment la visière de la lampe, cette pièce qui donne son nom à l’objet et qui oriente la lumière.

La matière garde ses marbrures, ses accidents de teinte, les traces de son origine. On est loin du plastique lisse et anonyme de l’injection. Ceux qui suivent le blog reconnaîtront une famille : le fauteuil en canoë recyclé de Thomas Merlin travaillait déjà la plaque de PEHD comme un matériau à part entière, avec ses formats et ses contraintes.

Pourquoi une brique en terre cuite comme socle ?

Parce qu’elle pèse, parce qu’elle est perforée, et parce qu’elle traînait là. La base de la lampe est réalisée en réemploi de matériaux de construction : brique en terre cuite perforée, morceau de poutre ou parpaing selon les versions. Les perforations servent de logement, l’inertie de la terre cuite sert de lest. Le blog a souvent croisé ce matériau pour ses propriétés thermiques, du rafraîchisseur low-tech du studio Entreautre au projet CELCIUS de Salla Vallotton. Ici, la terre cuite ne régule rien du tout. Elle tient debout, et ça suffit.

L’assemblage entre le minéral et le plastique passe par des pièces imprimées en 3D : un insert qui épouse la forme exacte de la brique, des molettes adaptées aux boulons, quelques composants introuvables dans le commerce. C’est la partie la plus « high-tech » du projet, et pourtant elle sert surtout de réparation et d’adaptation. Une logique proche de celle de l’abat-jour à imprimer en 3D évoqué ici il y a quelque temps, où la machine sert l’appropriation plutôt que la performance.

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Comment fabriquer une série sans effacer les singularités du matériau ?

C’est le vrai sujet du projet, passer de l’objet unique, un peu bricolé, à un protocole reproductible. Trouver des règles assez précises pour que chaque pièce appartienne à la même famille, et assez souples pour que la brique du jardin de l’un ne ressemble pas à celle du chantier de l’autre. La question traverse pas mal de recherches contemporaines, de la lampe Cive de Wilfried Becret aux plateaux en plastique recyclé de Gimmic Design.

Les low-techs, dans la pratique de Tom Violleau, ne se limitent pas à la sobriété technique. Elles posent une question politique sur notre dépendance aux objets et sur ce que l’on accepte d’appeler un déchet. Le nom Supertrash est un clin d’œil à cette bascule : un matériau ne devient un rebut que parce qu’on a décidé de le regarder comme tel.

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Qui est Tom Violleau ?

Designer d’objet basé près de Lille, il enseigne le design à l’ESAAT de Roubaix et en école d’ingénieur, anime des ateliers plastique recyclé au fablab de la Condition Publique et donne des conférences sur les low-techs. On l’avait déjà croisé sur BED avec IA dégénérative, sa tentative de faire buguer une intelligence artificielle sur un projet d’assise. Deux méthodes opposées, une même curiosité pour ce qui déraille.

La lampe Carapace n’est pas figée, elle doit être montrée dans des expositions locales et sur des marchés de créateurs en Hauts-de-France, et la suite du travail portera sur l’énergie consommée pendant la fabrication. À suivre, donc, sans doute avec une autre brique.

Plus d’informations sur le designer : tomviolleau.fr et @violleautom sur Instagram.

By Blog Esprit Design


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À propos de l'auteur
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Vincent Roméo
Fondateur, rédacteur en chef chez 
Blog Esprit Design
Gardien de la maison BED, fondateur, dévoué je passe mon temps à veiller la nouveauté qui vous fera briller les yeux. En parallèle : Head of digital & Associé 14 septembre - Groupe Extreme

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