Véloparleur : l’enceinte à propulsion humaine qui transforme le coup de pédale en récit

Véloparleur : l'enceinte à propulsion humaine qui transforme le coup de pédale en récit
31 juillet 2026 /
Pas encore de commentaires

Et si pédaler ne servait plus à avancer, mais à écouter ? Que se passe t il quand une enceinte ne fonctionne qu’avec l’énergie de nos jambes ? Ces deux questions résument le projet baptisé Véloparleur, un objet public conçu par le studio Katra et Virage Commun. Une machine à écouter, activée uniquement par le corps, présentée ici en phase de conception puis en atelier. On connait maintenant les chargeurs à pédales souvent dans les gares, ici l’idée est d’aller un peu plus loin.

Le sport, le mouvement comme objectif de société, il va être interessant de trouver des angles pour inviter, susciter l’intérêt pour que le plus grand nombre puisse bouger…

Véloparleur : l'enceinte à propulsion humaine qui transforme le coup de pédale en récit

Qu’est ce que le Véloparleur ?

Le Véloparleur, aussi appelé Alter-phone dans sa première version, est une enceinte à propulsion humaine. On s’installe, on pédale, et le son se met en route. Plus on pédale, plus l’écoute s’ouvre. L’objet ne diffuse pas une playlist de fond : il raconte des extraits sonores, des voix, des paysages, produits pour l’occasion par le Studio Fantask. Le projet propose alors une balade sonore à son utilisateur…

Pédaler, ici, ne rime plus avec performance ni avec déplacement. Le geste devient un moteur de récits, une manière de rentrer dans sa bulle tout en restant à la vue de tous. Les auteurs parlent joliment de « voyage immobile ». On pense à une cabine téléphonique qui aurait troqué le combiné contre une paire de mollets.

Véloparleur : l'enceinte à propulsion humaine qui transforme le coup de pédale en récit

Le projet est né d’un appel à expérimenter du Nantes City Lab, autour de deux sujets : l’innovation et le low-tech. Cette parenté frugale rappelle d’autres explorations vues sur le blog, comme la biosphère urbaine low-tech de Corentin de Chatelperron ou le rafraîchisseur low-tech du studio Entreautre, deux objets qui cherchent l’effet maximal avec le minimum de moyens.

Quels matériaux et quelle forme pour le Véloparleur ?

Un grand cône jaune, façon pavillon de phonographe géant, coiffe une assise et un bloc pédalier. Ce cône fait office de coupole enceinte, avec émetteur, récepteur et cadrans. En dessous, une assise longue, des poignées de maintien et un pédalier réglable en hauteur pour accueillir des gabarits différents.

Côté matière, le squelette extérieur est en acier, avec une réservation prévue pour venir clipser des « blocs » complémentaires. Cet emploi de la tôle d’acier peinte pour un usage public n’est pas nouveau sur le blog : on le retrouvait déjà dans le mobilier urbain Boll d’Adrian Blanc, fixé sur des bornes en béton existantes. Le jaune, précisent les concepteurs, a été posé de façon arbitraire au stade des esquisses. Rien n’est figé, ce qui laisse la porte ouverte à d’autres teintes.

Pour tenir debout, l’objet repose sur quatre vis de fondation ancrées en profondeur. La question de l’ancrage reste d’ailleurs l’une des principales incertitudes du projet, entre bloc béton, platine métal ou lests en fonte. Un vrai casse tête de designer, où la forme dépend beaucoup du sol qui l’accueille. Aussi quand on connait le sort parfois des objets laissés en libre service…

Comment fonctionne cette enceinte à propulsion humaine ?

Sous le capot, un bloc pédalier Bafang, un bloc décharge avec batterie, un convertisseur, un talkie walkie, un ampli et un casque équipé d’un bouton PTT. Un ampèremètre joue le rôle de faux wattmètre, histoire de voir son effort se traduire en aiguille qui grimpe. La technologie employée n’a rien d’inédit, mais son mode d’expression, lui, cherche autre chose. Un mode d’emploi visuel accompagne l’usager pour comprendre la direction du son et le programme d’écoute.

Cette logique de son alimenté par le corps entre en écho avec le sound system solaire d’Emilieu Studio et Pikip, où l’énergie propre remplace la prise murale. Là le soleil, ici les jambes.

Pourquoi ce projet parle aux designers et aux collectivités ?

Le Véloparleur a été pensé en plug and play. Le bloc pédalier peut servir seul pour recharger un smartphone, l’enceinte peut céder la place à un ventilateur pour un festival estival, et le dispositif peut se dupliquer pour créer un réseau d’écoute. Autant d’usages en changeant très peu de pièces, dans une démarche que les concepteurs appellent la « low conception ».

Ce mobilier interactif installé dans l’espace public rejoint une famille déjà présente sur le blog, aux côtés de TRIOCO, l’espace urbain autonome d’Élodie Saugues ou du Relais des Mobilités pensé à l’échelle d’un territoire. Des objets qui traitent la rue comme un lieu de vie plutôt qu’un simple couloir de transit.

Reste à voir où ce grand cône jaune posera ses vis. En attendant, le principe amuse autant qu’il interroge : la haute technologie de l’écoute urbaine peut, ici, s’activer d’un simple coup de pédale. On aimerait par exemple pouvoir le retrouver dans les lieux de passage, des lieux d’attente, ou même en version évènementielle avec des sons, musiques ou histoire en lien avec une date, un festival par exemple…

Plus d’informations sur les concepteurs : Studio Katra et Virage Commun, avec les créations sonores du Studio Fantask.

By Blog Esprit Design


Gallerie (25)

ImageImageImageImageImageImageImageImageImageImageImageImageImageImageImageImageImageImageImageImageImageImageImageImageImage
À propos de l'auteur
Image
Vincent Roméo
Fondateur, rédacteur en chef chez 
Blog Esprit Design
Gardien de la maison BED, fondateur, dévoué je passe mon temps à veiller la nouveauté qui vous fera briller les yeux. En parallèle : Head of digital & Associé 14 septembre - Groupe Extreme

Laisser un commentaire

Ne manquez pas les actualités design
Dans le même rayon
À découvrir aussi

Annonces

Ne manquez pas les actualités design
Image