
Cinq mille marches, c’est à peu près ce qu’il faut gravir pour voir le soleil se lever depuis Adam’s Peak, au Sri Lanka, et sonner la cloche installée au sommet.
Le designer Clément Boutillon a fait l’ascension, il en est redescendu avec une idée en tête. Temple, nouvelle collection de luminaires par le Bouti Studio, réunit trois luminaires en faïence émaillée, façonnés à la main dans le studio en France.

Que peut raconter une lampe sur une ascension de 5 000 marches ?
Au Sri Lanka, les temples installent une ambiance particulière, tournée vers l’intérieur. Adam’s Peak en est une version grand format : des visiteurs de tous horizons montent de nuit, se retrouvent à l’aube, regardent le jour arriver, puis font tinter la cloche. Pas de fouet ni de chapeau façon Indiana Jones ici, et le temple dont il est question n’a rien de maudit.
C’est cette expérience que Clément Boutillon transpose dans ses luminaires, il ne cherche pas à reproduire l’architecture des temples cinghalais. Il en retient une idée : un volume simple au premier regard, qui livre ses détails à mesure qu’on s’approche. Une lampe qui demande un peu d’attention, un peu comme une ascension demande un peu de souffle.
Une forme ronde qui ne l’est pas vraiment ?
La suspension semble avoir été tournée, symétrique sur tout son pourtour, comme une pièce sortie du tour de potier. De près, chaque profil diffère. Les surfaces changent légèrement selon l’angle, et la lumière accroche ces variations.
Le haut de la baladeuse s’affine et rappelle la cloche du sommet. On peut y voir un clin d’œil, ou simplement un bon moyen d’alléger la silhouette. Les deux lectures se tiennent.
Pourquoi choisir la faïence pour un luminaire ?
La faïence est une terre cuite à plus basse température que le grès ou la porcelaine, poreuse, recouverte d’un émail qui la rend étanche et brillante. Contrairement à la porcelaine, elle ne laisse pas vraiment passer la lumière. Chez Bouti Studio, la lumière sort donc par des ouvertures, et c’est l’émail blanc qui la renvoie et la diffuse sur les parois.
La fabrication suit plusieurs étapes. Chaque lampe est tirée dans un moule en plâtre en quatre parties, conçu dans le studio. La pièce est démoulée puis reprise à la main. Suit une première cuisson, puis un émaillage au trempé, puis une seconde cuisson qui donne la brillance. Résultat : chaque exemplaire présente ses propres variations d’émail. Le studio évoque aussi des techniques propres à l’atelier, sans en dire davantage. Secret de fabrication, on respecte.
Sur BED, la céramique éclaire régulièrement nos pages. On pense à la lampe RELLA de Raquel Pau, façonnée à la main et qui diffuse elle aussi sa lumière vers le bas. Ou au grès chamotté brut de Marjorie Waks. À l’inverse, la lampe Paravent de Marc Venot mise sur la translucidité partielle de la porcelaine de Limoges. Deux matières, deux façons de faire passer la lumière.
Comment se composent les trois pièces de la collection Temple ?
La lampe à poser est la plus sculpturale. Quatre pans se fondent l’un dans l’autre et dessinent un dôme. Elle paraît ancrée à son support. Une fois allumée, ses ouvertures laissent glisser un voile de lumière le long des parois, et la surface devient plus organique.
La lampe baladeuse reprend la forme la plus minimaliste de la collection, avec deux ouvertures en haut et en bas. Elle s’accroche à une patère en bois et devient applique. Sa hauteur se règle : haute pour éclairer un salon, très basse pour un effet plus assumé, ou près d’un lit comme lampe de chevet. La céramique mesure environ 15,5 cm. Le studio laisse visibles les éléments de fixation en laiton massif, serre câble compris, avec un câble tressé satin et une douille E14. La baladeuse de garage de notre enfance a visiblement fait des études d’art.
L’applique murale partage ce même volume, avec deux ouvertures supplémentaires à l’arrière pour éclairer le mur. Elle est annoncée à partir de 350 euros. Pour d’autres approches de l’applique, on relira notre article sur Bosc Design.

Qui est derrière Bouti Studio ?
Bouti Studio est la maison d’édition de luminaires de Clément Boutillon. Le studio décrit ses lampes comme oniriques, portées par le thème de la fascination humaine. Avant Temple, la lampe Méduse faisait office de pièce fondatrice, et la lampe Aero pousse l’approche vers la pièce de galerie. Temple ouvre une voie plus accessible, sans lâcher le travail de la matière.
Pour prolonger, la lumière émaillée du projet Horizon propose une autre rencontre entre émail et éclairage.
Plus d’informations : la collection Temple, Bouti Studio, Clément Boutillon et la vidéo de présentation.
Temple lighting collection by Clément Boutillon for Bouti Studio (2026)
Temple is a collection of three handmade earthenware (faience) lamps designed by French designer Clément Boutillon for his lighting brand Bouti Studio, launched in September 2026. The collection draws on the designer’s climb of Adam’s Peak in Sri Lanka, a summit reached after roughly 5,000 steps, where visitors gather at dawn to watch the sunrise and ring a bell. Rather than copying Sinhalese temple architecture, the lamps translate its inward, contemplative atmosphere into minimal forms that reveal subtle details on closer inspection. The pendant form appears perfectly round but each profile varies. The range includes a sculptural table lamp built from four merging panels forming a dome, a height adjustable plug in lamp hung from a wooden peg with solid brass fittings and a satin braided cable, and a wall sconce with rear openings. Each piece is formed in a four part plaster mould made in the studio, hand finished, bisque fired, dip glazed and fired again, so every glaze varies slightly. Because faience is opaque, light escapes through openings and reflects off the white glaze.



































