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Basalte et Caldera : Clémence Birot taille ses lampes dans la pierre de lave d’Auvergne

La designer parisienne Clémence Birot développe en autoédition une série de luminaires taillés dans la pierre volcanique de la Chaîne des Puys. Deux modèles pour l’instant, Basalte et Caldera, façonnés par l’atelier Andesite à Mazayes, en Auvergne, à quelques kilomètres du lieu d’extraction. La matière décide beaucoup, c’est à la main de s’adapter ensuite.
Pourquoi tailler une lampe dans la pierre de lave d’Auvergne ?
Le basalte naît du refroidissement rapide d’une coulée de lave. Il est dense, sombre, criblé de bulles figées au moment où la roche s’est arrêtée. Cette porosité donne une surface mate qui accroche la lumière rasante et laisse apparaître chaque cavité. La designer décrit une matière qui porte la mémoire du territoire dont elle est née : les coulées anciennes, les reliefs façonnés par le feu puis adoucis par le temps.
Deux blocs ne se ressemblent jamais tout à fait, la texture change selon l’endroit d’extraction, et le tailleur compose avec ce qu’il trouve. Chaque pièce est donc unique par défaut, sans qu’il faille le revendiquer.
Le sujet a déjà croisé la route du blog. Maxime Bellaunay travaillait la roche volcanique d’Auvergne dans ses luminaires en matières brutes, avec la même idée de faire du territoire une signature. À l’inverse, AE offices imitait la roche volcanique en liège, pour le contraste. Chacun sa méthode.
Basalte : comment tirer une lumière douce d’une pierre noire ?
Basalte associe un socle en pierre volcanique et un globe en verre opalin. Le verre diffuse, la pierre absorbe. Le socle existe en finition brute ou émaillée, dans des teintes qui vont du brun noir au bleu vert.
Un point souvent oublié dans les fiches produit : la même pièce se décline en lampe à poser, en applique murale et en plafonnier. Le profil évasé en corolle change complètement de lecture selon l’orientation. Posée, elle ressemble à un petit cône volcanique. Fixée au mur, le globe blanc devient un point lumineux qui dépasse d’un galet sombre.
Caldera : que change une cavité partiellement émaillée ?
Caldera reprend la même source lumineuse mais change de géométrie. La forme est creuse, inspirée des cratères, et le globe opalin vient se loger au cœur de l’ouverture. L’intérieur de la cavité est émaillé en partie seulement, ce qui crée un jeu de reflets en contraste avec la roche laissée brute.
L’objet se lit donc de deux manières. Vu de loin, une masse minérale fermée. Regardé par l’ouverture, un puits de lumière cerné d’anneaux concentriques laissés par l’outil. Neuf kilos annoncés sur la fiche marchande, soit trois fois le poids de Basalte pour un encombrement identique : le volume plein se sent immédiatement quand on essaie de la déplacer.
À qui la designer confie t’elle sa fabrication ?
C’est sans doute le point le plus intéressant de sa démarche. Clémence Birot a démarré sa carrière à Copenhague, où elle découvre une pratique du design étroitement liée à l’artisanat, avant de revenir en France. Chaque collection nomme son atelier.
La pierre de lave est travaillée par Andesite à Mazayes. Les miroirs Astra, sa collection précédente, réunissent un socle en verre soufflé par Arcam Glass à Nantes, un miroir biseauté fabriqué par Vetro Art en Italie et une sphère tronquée en liège produit à Rio Meão au Portugal. La série de plateaux Creux est tournée par l’atelier Doretto à Venise, en frêne teinté noir avec une teinture sans COV. Les étagères Mortaise associent liège portugais certifié FSC et une lame de métal incrustée comme un tenon. La console pièce unique, elle, sort de deux ateliers français, le ferronnier Maxime Peron à Cholet et l’ébéniste Fabien Ducret à Paris.
Une gamme entière construite sur des carnets d’adresses plutôt que sur un catalogue fournisseur. Cela suppose des délais longs, des séries courtes et des tarifs qui se situent dans la fourchette haute du marché. Un positionnement assumé, entre galeries, art et design de collection.
Où situer ces luminaires dans le paysage actuel ?
La pierre revient beaucoup en éclairage ces derniers mois. On l’a vu avec Lapis Collectio de Josh L’Eplattenier, qui associe pierre calcaire et acier poli, ou avec ARC n°1 de Pierre Lapeyronnie et son bronze noirci. Même la lampe O Series d’Issey Miyake et atelier oï, présentée au 3daysofdesign, déclinait un thème « STONE » en textile. Et Le Labo 1.0 de Baguette Studio posait la même question par la cire : combien de temps un luminaire doit il durer, et de quoi doit il être fait.
Basalte et Caldera apportent une réponse simple. Une roche formée il y a quelques millions d’années, une ampoule de 4 W, et une lampe qui survivra probablement à son propre câble d’alimentation. Reste à voir si le marché suit une pièce qu’on ne déplace pas d’une main.
Portfolio de la designer : clemencebirot.com et @clemence_birot sur Instagram.
French designer Clémence Birot has released a self published lighting collection carved from volcanic stone quarried near the Chaîne des Puys in Auvergne, central France, and shaped by the Andesite workshop in Mazayes, close to the quarry itself. Two models make up the range so far. Basalte pairs a dense, naturally porous basalt base with an opaline glass globe, available raw or glazed in tones from black brown to blue green, and specified as a table lamp, a wall light or a ceiling fixture. Caldera uses a hollow, crater inspired volume with the globe set at the centre of the opening; its cavity is only partially glazed, setting a reflective surface against untreated porous rock. Both measure 25 cm in diameter and 15 cm high, use a dimmable 4 W G9 source and carry CE certification. Birot, who trained in Copenhagen before returning to Paris, names the workshop behind every collection, from blown glass in Nantes to FSC cork in Portugal. Pieces are sold as open editions, each one unique, in the collectible design segment.














































