OKU : le couteau britannique façonné par 400 ans de tradition métallurgique japonaise

Image
09 février 2026 /
Pas encore de commentaires

La designer britannique Kathleen Reilly nous présente OKU, un projet qui témoigne d’une rencontre singulière entre design occidental et savoir-faire artisanal japonais. Lauréat du Dezeen Award 2022 dans la catégorie Homeware design of the year, ce couteau se distingue par une approche qui revisite les codes de l’art de la table à travers une forme inhabituelle et une fabrication méticuleuse.

Il a effectivement quelles années mais nous souhaitions vous le présenter !

OKU : le couteau britannique façonné par 400 ans de tradition métallurgique japonaise

Le projet prend racine à Tsubame-Sanjo, région située dans la préfecture de Niigata au Japon, reconnue depuis plus de quatre siècles pour son excellence dans le travail du métal. Cette zone géographique concentre un ensemble de manufactures où se perpétuent des techniques de forge et de finition transmises de génération en génération. Kathleen Reilly a choisi de collaborer avec ces artisans pour donner vie à son projet, s’inscrivant dans une démarche où la conception dialogue avec des procédés ancestraux. On retrouve cette même attention portée aux traditions métallurgiques dans le travail de l’Atelier DAMA qui associe acier et chanvre pour créer des luminaires où le geste artisanal reste au cœur de la fabrication.

La particularité d’OKU réside dans sa poignée pliée, un détail qui dépasse l’esthétique pour questionner l’interaction entre l’ustensile et l’espace de la table. C’est à la fois simple, efficace… Inspirée par les arrangements traditionnels japonais, cette géométrie permet au couteau de reposer différemment sur la surface, créant une relation nouvelle avec les autres éléments du repas.

L’acier, matériau central du projet, est travaillé avec une précision qui évoque les créations en métal de designers comme Koichi Futatsumata, où cuivre et acier s’articulent autour du bois pour former des pièces à la géométrie maîtrisée.

Le projet OKU ne se limite pas au couteau. Il s’accompagne de planches conçues en collaboration avec Karimoku Furniture, manufacturier japonais spécialisé dans le mobilier en bois depuis plusieurs décennies. Ces planches utilisent des essences japonaises généralement peu exploitées dans l’ameublement : le sakura (cerisier japonais), le hinoki cypress et le sawara cypress.

OKU : le couteau britannique façonné par 400 ans de tradition métallurgique japonaise

Chaque planche résulte d’un assemblage minutieux de lamelles de bois, reconstituant un motif de veinage naturel tout en valorisant une ressource locale. Cette approche fait écho aux mobiliers en bois japonais de Taiyou&C par le studio Mikiya Kobayashi, où l’excellence technique des manufactures nippones rencontre une vision contemporaine de la forme. Le couteau vient alors parfaitement s’imbriquer, se ranger sur sa planche, chaque chose à sa place, une pièce idéale pour la maniaque du rangement ?

L’utilisation de bois domestiques sous-exploités inscrit le projet dans une réflexion sur les ressources et leur valorisation. Contrairement aux essences prisées pour le mobilier de série, ces cyprès et cerisiers offrent des propriétés spécifiques qui se révèlent particulièrement adaptées aux arts de la table. Le hinoki, par exemple, présente des qualités antibactériennes naturelles et un parfum délicat qui peuvent accompagner subtilement la présentation des aliments. Cette attention aux spécificités matérielles rappelle les planches multifonctionnelles comme Frankfurter Brett, où l’objet utilitaire devient support d’une organisation pensée de l’espace culinaire.

OKU : le couteau britannique façonné par 400 ans de tradition métallurgique japonaise

La collaboration avec Factarium, aux côtés de Karimoku, témoigne d’une volonté de faire dialoguer différents savoir-faire artisanaux au sein d’un même projet. Cette approche collaborative, où la designer britannique orchestre les compétences de plusieurs acteurs japonais, illustre une tendance du design contemporain : celle de créer des passerelles entre cultures matérielles distinctes. On retrouve cette démarche interculturelle chez des designers britanniques comme Jane Crisp, qui revisite les techniques traditionnelles anglaises de bois cintré en y intégrant cuivre et laiton.

À l’heure où les ustensiles de table se standardisent, ce couteau propose une alternative qui interroge nos gestes quotidiens tout en célébrant des savoir-faire millénaires. Les planches qui l’accompagnent transforment chaque utilisation en une expérience où la texture du bois, son histoire forestière et sa transformation artisanale participent autant que la lame elle-même à l’acte de préparer ou partager un repas.

OKU se positionne ainsi à la croisée de plusieurs territoires : celui du design britannique attaché à questionner la fonction, celui de l’artisanat japonais porteur d’une exigence technique séculaire, et celui d’une consommation plus consciente qui cherche à comprendre la provenance et la fabrication des objets du quotidien. Un projet qui rappelle que les ustensiles les plus simples peuvent devenir les vecteurs d’une réflexion plus large sur nos modes de vie et nos relations aux matériaux.

OKU : le couteau britannique façonné par 400 ans de tradition métallurgique japonaise

En savoir plus sur le designer : Kathleen Reilly

By Blog Esprit Design


Gallerie (23)

ImageImageImageImageImageImageImageImageImageImageImageImageImageImageImageImageImageImageImageImageImageImageImage
À propos de l'auteur
Image
Vincent Roméo
Fondateur, rédacteur en chef chez 
Blog Esprit Design
Gardien de la maison BED, fondateur, dévoué je passe mon temps à veiller la nouveauté qui vous fera briller les yeux. En parallèle : Head of digital & Associé 14 septembre - Groupe Extreme

Laisser un commentaire

Ne manquez pas les actualités design