La revue d'architecture et de design
Dancer lamp d’Emil Robbrecht : quand l’impression 3D sculpte le mouvement en PLA végétal

Les recherches autour du luminaire imprimé en 3D continuent de questionner notre rapport à la fabrication additive. Emil Robbrecht, designer belge explore cette voie avec la Dancer lamp, un projet qui conjugue forme organique et ingéniosité technique. Avec ses « pieds » sculpturaux et son globe en verre qui semble suspendu à l’intérieur de la structure, la lampe évoque le mouvement d’une danseuse, offrant une présence sculpturale tout en conservant une certaine légèreté formelle.
Où comment incarner et donner de l’émotion à une « simple » lampe !

©BuroBonito
Une architecture en trois parties pensée pour durer
La Dancer est imprimée en 3D en trois parties distinctes, ce choix, à la fois conceptuel et technique, permet au globe en verre de se trouver au cœur de l’objet tout en restant entièrement remplaçable. Grâce à un prototypage poussé, un système d’emboîtement sur mesure a été développé et imprimé directement dans les pièces. Une fois assemblées, les pièces s’emboîtent parfaitement, sans colle ni vis, rendant la jonction quasiment invisible. Cette approche rappelle les réflexions menées par Julie Mallet Studio autour du PLA, où le bioplastique devient le support d’une recherche matériau sincère.
©BuroBonito
La lampe est fabriquée à partir de PLA d’origine végétale, un bioplastique couramment utilisé en impression 3D et issu de ressources végétales renouvelables. Cette matière, déjà explorée dans des projets comme la lampe Dulce de Filippo Mambretti, confirme son potentiel pour des applications d’éclairage domestique. Sa surface texturée est obtenue grâce à un logiciel de découpe spécifique qui génère un rendu visuel singulier. Nombreux sont ceux qui ne reconnaissent pas immédiatement le procédé de fabrication, ce qui contribue à l’aspect légèrement déroutant de l’objet et suscite des interrogations quant à son processus de création.
©RobinJorisDullers
Dancer XL : l’évolution sculpturale
La Dancer XL constitue une évolution naturelle du modèle original. En augmentant sa taille, la lampe acquiert une présence sculpturale plus affirmée tout en conservant la légèreté et l’équilibre qui caractérisent la collection. L’agrandissement de l’objet a nécessité une refonte du processus de conception : renforcement des structures internes, vérification de la stabilité et perfectionnement du système d’assemblage afin de garantir la stabilité sans compromettre la fluidité des formes.
De nombreux prototypes ont été réalisés pour trouver le juste équilibre entre l’expressivité de la forme et les contraintes techniques inhérentes à l’impression 3D. Cette démarche itérative témoigne d’une attention particulière portée à la résolution des défis mécaniques, tout en préservant l’intention esthétique initiale. Le globe en verre, élément central de la composition, dialogue avec la structure imprimée pour créer un contraste entre transparence et opacité, entre légèreté aérienne et ancrage sculptural.
Un studio fondé sur le mouvement et la couleur
Emil Robbrecht, designer belge spécialisée dans les luminaires et les objets, a fondé son studio en 2023. Son travail explore comment des courbes simples et des géométries adoucies peuvent insuffler une impression de mouvement, la couleur jouant un rôle central dans l’ensemble de ses créations. Son objectif reste de concevoir des objets à la fois contemporains, fonctionnels et d’une expressivité discrète.
La Dancer lamp témoigne d’une approche où la fabrication additive n’est pas une fin en soi, mais un moyen de matérialiser une vision formelle spécifique. Comme le montre le projet In fill out de Leo Koda, l’impression 3D offre des possibilités de manipulation de la matière qui dépassent la simple reproduction de formes existantes.
©RobinJorisDullers
Le choix du PLA végétal, matériau biosourcé et potentiellement recyclable, s’inscrit dans une réflexion plus large sur la durabilité des objets produits. La possibilité de remplacer le globe en verre indépendamment de la structure principale prolonge la durée de vie du luminaire et témoigne d’une attention portée à la réparabilité.
Cette lampe questionne la perception de l’objet imprimé en 3D. Sa surface texturée, obtenue par les réglages logiciels de découpe, devient un élément esthétique à part entière plutôt qu’une contrainte technique à dissimuler. Le résultat final, entre sculpture et luminaire fonctionnel, témoigne d’une maturité croissante dans l’utilisation de cette technologie pour des applications domestiques exigeantes.
En savoir plus sur le designer : Emil Robbrecht





















































































