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De la série 30 jours/30 impressions 3D à l’objet : le miroir rotatif de Léo Lorini

Léo Lorini, jeune designer parisien, 3D artiste, franchit une nouvelle étape en proposant son premier objet à la vente : un miroir mural rotatif entièrement imprimé en 3D.
Cette création, fruit de plusieurs mois de perfectionnement, trouve ses racines dans sa série expérimentale « 30 Jours / 30 Impressions 3D » initiée, partagée, documentée sur son compte instagram. Le projet, plébiscité par sa communauté, mérite que l’on s’attarde sur ses spécificités techniques et sa démarche de conception.
Bravo en parallèle à Léo, par son expertise créative, a nous embarquer dans cette histoire par des contenus de haute qualité.
Une genèse dans l’expérimentation quotidienne
La série « 30 Jours / 30 Impressions 3D » a constitué au designer une véritable période d’exploration créative. Cette démarche méthodique, où chaque jour donnait naissance à un nouvel objet imprimé, rappelle les processus itératifs que l’on observe régulièrement chez les designers émergents.
L’approche s’inscrit dans une logique de prototypage rapide et de validation auprès du public, permettant d’identifier les projets qui suscitent le plus d’intérêt. Le miroir rotatif s’est particulièrement distingué lors de cette série, légitimant ainsi son passage de prototype expérimental à objet commercialisé.
Au delà même de l’objet c’est aussi, le documentaire qui existe autour du projet, le lien avec la communauté et la quête vers cette nouvelle création… Léo cherchait une nouvelle raison, une nouvelle motivation, il semble avoir retrouvé la flamme !
Cette transition du projet personnel vers la production marque un tournant, qui a choisi de prendre son temps, en suspendant depuis cinq mois les projets professionnels pour se consacrer exclusivement à ses créations personnelles. Une pause créative nécessaire, permettant de retrouver du temps pour explorer librement ses idées.
Pouvant inspirer d’autres designers, créateurs, qui hésitent ou attendent la version finalisée avant de partager, l’itération, la transparence, les pistes, les échecs, sont aussi du poids, du sens, de l’émotion à embarquer dans la version finalisée.
Matériaux et process de fabrication
Le miroir rotatif fait appel à plusieurs matériaux soigneusement sélectionnés, la structure principale est réalisée en PLA, un bioplastique issu de ressources renouvelables qui s’est largement démocratisé dans l’impression 3D domestique. Ce matériau présente un aspect mat caractéristique et offre une bonne résistance mécanique pour ce type d’application. L’utilisation du PLA dans des projets de design n’est pas nouvelle Leo Koda l’avait déjà exploré avec son projet In Fill Out– et Julie Mallet Studio l’emploie également pour ses créations en travaillant même sur le recyclage de chutes d’impression.
L’objet intègre deux miroirs ronds identiques, montés sur un système rotatif équipé de roulements à billes métalliques. Cette amélioration technique par rapport au prototype initial garantit une fluidité de rotation et une meilleure durabilité.
L’ensemble mesure 46 cm de hauteur, 21 cm de largeur et 23 cm de profondeur, pour un poids d’un kilogramme. Chaque exemplaire est assemblé à Paris, dans le bureau du designer, avant d’être expédié prêt à être fixé au mur. L’objet ne se cache pas mais s’installe comme élément de décoration, entre cartoon et immersion sous-marine !
Un mécanisme inspiré par le jeu
L’inspiration puisée dans les modules rotatifs des aires de jeux pour enfants confère à l’objet une dimension ludique et nostalgique. Le miroir est conçu pour être manipulé régulièrement : il s’oriente selon l’envie, sans mécanisme visible, invitant à l’interaction quotidienne. Cette approche rappelle les réflexions du Studiolow sur les fixations murales, où des éléments traditionnellement statiques deviennent des supports pour de nouvelles fonctionnalités.
Contrairement aux miroirs muraux classiques, statiques, celui-ci offre une certaine liberté d’usage. L’utilisateur peut ajuster l’angle de réflexion selon ses besoins ou simplement pour varier le cadrage de l’espace reflété.
Cette fonctionnalité pourrait sembler anecdotique, mais elle introduit une dimension tactile et évolutive dans un type d’objet habituellement passif.

Les particularités de l’impression 3D couche par couche
Le procédé de fabrication additive laisse inévitablement des traces : légères aspérités, variations de texture inhérentes à la superposition des couches de matière. Léo Lorini assume pleinement ces caractéristiques, précisant que chaque pièce présente de très légères différences par rapport aux photographies de présentation. Cette unicité technique, loin d’être perçue comme un défaut, témoigne du processus de fabrication et de l’authenticité de l’objet.
On retrouve cette acceptation des imperfections chez Caroline Schilling de Made in WAW, qui joue également avec les codes de notre quotidien en détournant des objets pour créer des pièces murales oniriques.
Une première commercialisation réfléchie
Proposé en précommande (jusqu’au 20 janvier 26), cette stratégie de lancement en édition limitée permet au designer de calibrer sa production et d’ajuster son organisation logistique.
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Perspectives et développements
Au-delà de ce premier objet commercialisé, Léo Lorini laisse entrevoir d’autres projets, développés seul ou en collaboration. La série « 30 Jours / 30 Impressions 3D » a généré un catalogue d’idées que le designer pourra réexploiter, affiner ou combiner. Le shooting qui conclut cette série marque une transition symbolique, permettant de tourner la page pour créer de nouvelles choses.
L’approche de Léo Lorini, qui mêle impression 3D accessible, interaction physique et production locale, témoigne d’une génération de designers qui cherchent à proposer des objets fonctionnels tout en conservant une dimension expérimentale et personnelle. Le miroir rotatif, avec ses roulements à billes discrets et son invitation à la manipulation, offre une lecture renouvelée d’un objet domestique courant.
En savoir plus sur le créateur : Léo Lorini










































