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Polimair double la mise à Milan : le Baiji, un tabouret en plastique recyclé qui refuse de rester dans un coin

À l’occasion de la Milan Design Week 2026, la marque française Polimair présente le tabouret Baiji. Second objet d’une gamme naissante, il prend la suite de la chaise Beluga sans chercher à la répéter.
Une matière assumée, travaillée en masse
Le Baiji est conçu en polypropylène recyclé massif, en monomatière. Toutes les pièces, des trois pieds à l’assise, en passant par les cache-vis et le tournevis intégré, sortent du même matériau. Aucune pièce métallique, aucun adhésif, aucun composite dissimulé derrière une laque. Ce choix simplifie le recyclage en fin de vie, facilite la réparabilité pièce par pièce, et garantit une cohérence visuelle entre chaque composant.
Travailler le polypropylène recyclé en masse, c’est une décision qui change tout, la matière prend une densité différente du polypropylène moulé fin que l’on retrouve dans les chaises de brasserie ou les barquettes du supermarché. La surface a de l’épaisseur, de la présence. On n’est plus dans le registre du plastique jetable, sans pour autant prétendre remplacer le bois massif. Le blog a déjà documenté d’autres approches qui travaillent le plastique recyclé comme matière de mobilier à part entière, comme l’Atelier Stiloop ou Le Pavé®. Ce qui distingue Polimair, c’est le choix de l’injection massive pour obtenir des pièces structurelles, capables de supporter un utilisateur sans broncher.
La couleur n’est pas une finition appliquée en surface. Elle est intégrée à la masse du matériau. Chaque pièce peut être commandée dans une teinte différente, ce qui ouvre la voie à des compositions qui vont du monochrome sobre au totem multicolore façon Mondrian sous influence Memphis. C’est une décision formelle autant qu’industrielle : les couleurs vives révèlent la matière plutôt qu’elles ne la dissimulent.
Un objet qui refuse de se ranger
Le Baiji pose une question que peu d’objets d’assise prennent la peine de poser : que se passe-t-il quand personne n’est assis dessus ? La réponse habituelle, c’est qu’on l’empile dans un coin ou qu’il traîne sous une table jusqu’à ce qu’un invité en ait besoin. Polimair a répondu à cette question par un système de clips intégré dans les pieds.
Les tabourets peuvent s’assembler entre eux verticalement pour former des structures autonomes : totems, claustras, étagères légères, compositions libres. L’objet change de rôle selon le moment de la journée ou la configuration de l’espace. Il passe d’assise à sculpture, de siège à rangement ponctuel. Ce n’est pas la première fois que la question de la modularité du mobilier est posée ici, mais rarement dans cette matière et avec cette économie de moyens.
L’assise est circulaire, avec des encoches qui accueillent les clips. Les trois pieds sont légèrement évasés vers le bas, avec un galbe organique qui rappelle vaguement les céramiques de studio des années 70, sans y faire directement référence. La jonction entre les pieds et l’assise est l’un des points où les tabourets trahissent souvent une conception bâclée. Ici, la liaison est nette, et la silhouette reste lisible aussi bien posée à plat que superposée dans une structure verticale.
Un kit, un tournevis intégré, moins d’une minute
Le Baiji reprend la logique de kit déjà développée par la chaise Beluga. Trois pieds, une assise, trois vis et leurs cache-vis. Le tournevis nécessaire à l’assemblage est intégré à l’assise elle-même, ce qui évite le moment classique où l’on cherche un cruciforme dans tous les tiroirs de la cuisine. Le montage comme le démontage sont annoncés en moins d’une minute, ce qui facilite le transport, le rangement, ou la reconfiguration selon les espaces.
Cette approche kit n’est pas anecdotique. Elle réduit le volume de transport, limite les émissions logistiques et permet de remplacer une pièce unique en cas de casse, sans renvoyer l’objet entier. La démarche rejoint d’autres logiques documentées sur le blog, comme celle du studio Duplex, qui part lui aussi du principe que la conception doit anticiper la fin de vie de l’objet avant même sa mise en production.


500 exemplaires pour commencer
Le lancement du Baiji prend la forme d’une première série limitée à 500 exemplaires, tous numérotés et signés, avec des couleurs personnalisables. Les précommandes ouvrent le 14 avril 2026 au prix de 150 euros, avant un prix public fixé à 190 euros à partir de septembre 2026.
Le tabouret sera présenté pour la première fois au public chez Masterly, Palazzo Giureconsulti, du 21 au 26 avril, au coeur de Milan, face au Duomo. Polimair y expose pour la deuxième année consécutive, dans un espace reconnu pour la qualité de sa sélection.
On prend rendez-vous pour aller voir cela en vrai, à Milan ! On se croise ?
En savoir plus sur la marque : Polimair
La pré-vente est officiellement ouverte depuis ce matin, à vous de jouer !



























