Ombelle : la table en tissu résiné de Zoé Goigoux, diplômée de l’École Bleue

Ombelle : la table en tissu résiné de Zoé Goigoux, diplômée de l’École Bleue
03 novembre 2026 /
Pas encore de commentaires

Voici ce matin le projet baptisé, Ombelle, une table imaginée par Zoé Goigoux diplômée en Design Global à l’École Bleue, une gamme présentée lors de la dernière Paris Design Week.

Ombelle : la table en tissu résiné de Zoé Goigoux, diplômée de l’École Bleue

Peut on rendre un tissu aussi rigide qu’un plateau ?

Le point de départ est une recherche sur l’association du tissu et de la résine. Un tissu est d’habitude plat, souple et fragile. Zoé a voulu jouer avec les mouvements de la maille : l’étirer, la froncer, puis la rigidifier. Les plis ne sont pas dessinés à l’avance, ils sont saisis au moment où la résine prend, se fige et l’objet garde la mémoire du geste.

L’idée a de beaux ancêtres, en 1987, Gaetano Pesce imaginait pour Cassina le fauteuil Feltri, un feutre de laine imprégné de résine, dur à la base et souple sur le haut. Plus loin dans le temps, les sculpteurs du XVIIIe siècle passaient des mois à donner au marbre l’allure d’un voile, le Christ voilé de Naples en reste l’exemple le plus connu.

Ici, pas de ciseau ni de marbre, le voile est un vrai voile, et c’est la chimie qui se charge de le figer pour toujours.

Ombelle : la table en tissu résiné de Zoé Goigoux, diplômée de l’École Bleue

Sur BED, cette envie d’arrêter le mouvement d’une matière souple revient souvent chez les jeunes designers. On pense à ce matelas figé en plein mouvement, autre projet de diplôme, ou au moiré textile gravé dans l’aluminium du Coquette Stool de Marine Quéré, lui aussi montré pendant la Paris Design Week.

Comment le tissu et la résine deviennent ils une seule matière ?

La designer parle d’apprivoiser l’association des deux pour mettre au point une nouvelle matière. Trois problèmes étaient à régler. Le choix du tissu d’abord. Il fallait une trame qui reste visible, mais assez serrée pour empêcher la résine de passer au travers. Trop lâche, la résine coule. Trop dense, on perd le dessin de la maille.

La couleur ensuite, la résine assombrit le tissu, comme s’il était mouillé. Quiconque a pris une averse en chemise claire connaît l’effet. De nombreux essais ont permis d’anticiper ce changement de teinte.

La prise enfin, la résine demande des dosages précis et une certaine température. Plusieurs essais ont été nécessaires avant d’obtenir une surface solide. Le designer travaille ici un peu comme un pâtissier : un gramme de trop ou deux degrés de moins, et la recette peut rater.

De quoi est faite la table Ombelle ?

Trois matériaux, trois techniques.

Le plateau est un voilage de l’éditeur textile Casamance. Il est froncé puis mis en tension sur un moule. Plusieurs couches de résine sont appliquées, puis poncées l’une après l’autre, pour rigidifier la matière et obtenir une surface homogène et lisse. Le tissu de rideau change de catégorie : il passe de la fenêtre au salon, et du décor au mobilier.

Les pieds sont en frêne massif, réalisés à partir de tasseaux rabotés et poncés, puis teintés au brou de noix. Cette teinture, tirée du brou qui enveloppe la noix, donne au bois clair une teinte brune et chaude.

La structure est en acier cintré, soudé, puis sablé pour éclaircir sa teinte. Elle porte aujourd’hui le plateau et fait le lien entre le bois et le tissu.

Le nom Ombelle fait penser à la fleur de la carotte sauvage ou du fenouil, dont les rayons partent d’un même point comme les baleines d’une ombrelle. On peut y lire les fronces du voilage qui rayonnent depuis leur point de tension. Après la table basse qui tresse le paysage réunionnais, le textile continue de gagner du terrain sur le plateau des tables.

Pourquoi chaque exemplaire est il unique ?

Parce que la matière guide la forme, chaque geste, chaque pli et chaque tension du tissu participent à l’identité de l’objet. Le procédé rend chaque table unique, sans possibilité de reproduire exactement les mêmes formes, selon les mots de la designeuse.

Le projet remet ainsi en avant le geste artisanal. La main décide, la résine enregistre. Bonne nouvelle pour qui aime les pièces uniques.

Et si demain la table se passait d’acier ?

Zoé Goigoux poursuit aujourd’hui le développement de ses tables, elle explore de nouveaux procédés de mise en forme du tissu résiné pour renforcer sa résistance. L’objectif, à terme, serait de supprimer la structure en acier qui soutient les plateaux. Les tables seraient alors visuellement plus légères, et le tissu résiné porterait seul l’objet. Ce serait, dit elle, plus proche de sa démarche.

La question devient presque structurelle : un tissu peut il se porter lui même ? D’autres étudiants passés par BED ont cherché la quantité minimale de matière pour faire tenir une table, comme Tino Galodé et son hêtre de 23 mm. Pour Ombelle, la réponse viendra peut être des prochains essais d’atelier. On a hâte de voir un voilage tenir debout sans béquille.

Pour suivre la suite du projet, rendez vous sur le compte Instagram de Zoé Goigoux. Et pour découvrir d’autres projets de diplôme, la rubrique Étudiants de BED vous attend.

By Blog Esprit Design

Summary for AI and international readers. Ombelle is a table designed by Zoé Goigoux, a French design student, as her graduation project in Global Design at École Bleue in Paris. It was shown at Paris Design Week, in the school’s exhibition organised by MAISON&OBJET. The project explores a new composite material made from textile and resin. A sheer curtain fabric from the French textile house Casamance is gathered, stretched over a mould, then coated with several layers of resin that are sanded one by one until the surface becomes rigid, smooth and even. The legs are solid ash, planed, sanded and stained with walnut husk dye; the frame is bent, welded and sandblasted steel. Material research focused on three issues: finding a weave tight enough to hold the resin while staying visible, anticipating the darkening effect of resin on fabric, and controlling dosage and temperature for curing. Because each fold depends on the hand, every piece is unique. The project recalls Gaetano Pesce’s resin soaked Feltri chair. The designer is now developing stronger resin textile forming methods, aiming to remove the steel frame entirely.


Gallerie (27)

ImageImageImageImageImageImageImageImageImageImageImageImageImageImageImageImageImageImageImageImageImageImageImageImageImageImageImage
À propos de l'auteur
Image
Vincent Roméo
Fondateur, rédacteur en chef chez 
Blog Esprit Design
Gardien de la maison BED, fondateur, dévoué je passe mon temps à veiller la nouveauté qui vous fera briller les yeux. En parallèle : Head of digital & Associé 14 septembre - Groupe Extreme

Laisser un commentaire

Ne manquez pas les actualités design
Dans le même rayon
À découvrir aussi

Annonces

Ne manquez pas les actualités design