
Focus ce matin sur le projet Coquette Stool, le tabouret de la designer Marine Quéré, réalisé avec le soutien de l’association Rhizome. Un projet révélé à paris dans le cadre de l’exposition BAR STOOL lors de la dernière Paris Design Week.
D’où vient le moiré, et pourquoi le retrouver sur un tabouret ?
Le moiré est d’abord une étoffe (et pas un chanteur…), une soie, ou un coton, travaillée pour donner un aspect ondulé, comme de l’eau qui s’ondule. On l’obtient en pressant deux couches de tissu humides l’une contre l’autre. Le résultat change selon l’angle de vue, la lumière : des zones claires, des zones sombres, qui glissent quand on se déplace.
Marine Quéré part de cette idée, elle veut apporter des effets de lumière changeants dans des intérieurs qu’elle trouve figés. Le motif quitte le textile pour passer dans le métal.
Comment grave t on un tissu dans de l’aluminium ?
Le tabouret est en aluminium anodisé, l’anodisation est un traitement électrochimique qui crée une couche d’oxyde en surface. Elle protège le métal et permet de le colorer. Ici, le motif de moiré est gravé dans la matière elle même, pas posé dessus.
Les lignes gravées captent la lumière de façon différente selon leur orientation. Quand on tourne autour du tabouret, le reflet passe d’une zone à l’autre et glisse vers l’ombre. Le métal reste rigide, mais l’œil, lui, perçoit un mouvement. Un peu comme si la soie avait décidé de faire de la musculation.
La fabrication suit deux étapes. La tôle est d’abord fraisée en CNC, ce qui permet de graver le motif et de découper la forme avec précision. Elle est ensuite pliée. Pas de soudure visible sur les visuels partagés, la structure semble venir du pli. Une feuille plate devient une assise.
Un tabouret sert il seulement à s’asseoir ?
Le pliage ne sert pas qu’à tenir debout, il forme aussi des crochets et des poignées. Les crochets permettent de ranger des livres, les poignées de prendre le tabouret et de l’emmener d’une pièce à l’autre.
On pense à ces tabourets qui finissent toujours en table de chevet, en marchepied ou en pile de magazines. Coquette Stool assume cette double vie dès le départ. Il se pose près du canapé avec trois romans accrochés, puis part dans la cuisine pour atteindre le placard du haut. Une assise nomade, plus proche de l’objet compagnon que du meuble planté au même endroit pendant dix ans.
Le nom, Coquette, pour un tabouret en métal qui joue avec ses reflets comme on ajuste un pli de robe.
Pourquoi l’aluminium plié revient il dans les projets de jeunes designers ?
L’aluminium a plusieurs caractéristiques, il est léger, ce qui compte pour un objet qu’on veut transporter. Il se plie bien en feuille. Il se recycle sans perdre ses propriétés. L’anodisation lui donne une finition durable sans peinture rapportée.
Le travail de la tôle pliée attire aussi parce qu’il réduit le nombre de pièces. Une feuille, une découpe, des plis. Cela parle aux designers qui veulent une fabrication lisible et proche des ateliers locaux, un sujet qu’on évoquait récemment avec Design Décentré à Lyon, qui associait designers et fabricants de la région, ou lors de la résidence des Ateliers du Magnolia avec un ferronnier d’art.
Le soutien de l’association Rhizome, cette structure propose des résidences de recherche création en France. On y a déjà vu passer, par exemple, un kayak en aluminium plié signé Guillaume Bloget. Le métal semble y trouver un terrain de jeu.
Le tabouret, terrain d’expérimentation préféré des designers ?
Sur BED, le tabouret revient souvent quand un designer veut tester une matière. Gabrielle Monnin a fait tenir une feuille de cuir en tension avec Mue. Michelangelo Bove a relié les gestes d’un berger à l’impression 3D avec Origin_01. Yann Gandon a tiré un tabouret d’un airbag et de chutes de parquet avec le Nexus Stool. Et côté mobilier qui bouge avec nous, Zeste de Melchior Myard mêlait liège, laine et métal.
Petit format, peu de matière, une fonction claire : le tabouret pardonne beaucoup et laisse la place à l’idée. Coquette Stool rejoint cette famille avec une proposition centrée sur la surface et la lumière, plus que sur la structure seule.



Reste à le voir en vrai, sous une lampe, pour vérifier que le moiré danse autant que sur les photos. On ne serait pas surpris. Pour suivre le travail de la designer, rendez vous sur son compte Instagram @marinequere, et pour retrouver d’autres assises, la rubrique Tabouret du blog.
Coquette Stool by Marine Quéré: textile moiré engraved in anodised aluminium
Coquette Stool is a stool by French designer Marine Quéré, developed with the support of the Rhizome association, a French research and creation residency. The project translates moiré, a traditional textile finish with a rippled, watery look, into metal. Instead of silk, the pattern is engraved directly into anodised aluminium. As the viewer moves, light slides across the engraved lines toward shadow, bringing a changing visual effect to static interiors.
The stool is made in two steps: the aluminium sheet is CNC milled, which engraves the pattern and cuts the shape, then folded into its final form. The folds create hooks and handles, so the stool can hold books and be carried easily from room to room. It works as a seat, a small storage piece and a nomadic object.
Lightweight, recyclable and durable once anodised, folded aluminium suits a design approach based on few parts and readable fabrication. Coquette Stool joins a group of recent experimental stools featured on Blog Esprit Design, where designers use this small typology to test materials, surfaces and light.
































