Interview Désormeaux / Carette, jeune studio de création parisien

17 mai 2016 /
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Interview Désormeaux / Carette, jeune studio de création parisien

DITA lampe à poser en feutre

Il y quelques mois, Martin N, reporter pour BED, est allé à la rencontre du jeune Studio Désormeaux/Carette formé par le binôme Nathanaël DESORMEAUX et Damien CARETTE.
Formé depuis 2 ans, le studio de création lauréat de la bourse du VIA en 2015, à remporté le concours CINNA 2016 et travaille actuellement sur une trottinette 2.0, outil de mobilité connecté. Rencontre.

– DESORMEAUX/CARETTE, qui êtes-vous?

Damien CARETTE : Je suis designer industriel de formation. Après un BTS à Lyon (Ecole de Condé) où j’ai rencontré Nathanaël, nous sommes allés tous les deux à Strate (Le Strate College à Paris) en master. Par la suite, nous avons fait nos premières armes au sein d’entreprises de design global et/ou de mobilier.

Aujourd’hui, cela fait deux ans que nous nous sommes lancés en tant que designers indépendants, à la fois dans le mobilier mais aussi dans l’industrie où nous suivons des entreprises dans l’innovation.

Nathanaël DESORMEAUX : Nous avons un parcours assez similaire puisque nous avons la même formation au design. Pour ma part, je me suis tourné vers l’édition un peu plus tôt en allant travailler chez Michel YOUNG à Hong Kong, dont la production est à mi chemin entre production industrielle et mobilier d’édition. J’étais allé là bas pour l’industriel et j’y ai découvert le design mobilier. C’est d’ailleurs à mon retour que j’ai fait part à Damien de mon enthousiasme pour le mobilier.

– Vous n’aviez pas travaillé sur du mobilier auparavant ?

DC : Nous étions à Strate pour étudier le design industriel à la suite de notre BTS qui nous y orientait. Avant cela, même si une certaine culture du design nous était dispensée à Condé, c’est surtout par nos recherches et explorations que nous avions découvert le mobilier.
En arrivant à Strate nous avions davantage de liberté, nous nous sommes tournés vers le mobilier. C’est un sujet dans lequel on peut, contrairement à l’industrie, s’écarter des usages et des contraintes et ainsi se libérer.

– Comment êtes vous venus au design l’un et l’autre ?

ND : J’ai la chance d’avoir une belle histoire. Je voulais être menuisier pour construire des meubles puisque je pensais alors que les menuisiers construisaient des meubles… C’est ensuite en m’intéressant aux formations professionnelles que j’ai découvert une section art-appliqué et que j’ai compris que cela m’ouvrirait à bien plus de possibilités. Au lycée, j’avais donc des cours de design, de mode, d’architecture…J’ai choisi le design.

DC : ça a été pour moi plus chaotique. J’ai toujours eu un affecte pour la création et la musique. J’aimais dessiner mais je ne connaissais pas le design. J’ai voulu être ingénieur du son, architecte… Mais je me suis retrouvé en Fac d’éco sans vraiment savoir pourquoi, mis à part que ce type d’enseignement n’était pas mon truc. Par la suite, j’ai connu CONDE et j’ai su que l’on pouvait y dessiner des voitures…Je suis donc rentré là bas pour la voiture mais je me suis assez vite tourné vers le design industriel. C’est vrai qu’au départ, en comparaison de la voiture, le mobilier me paraissait un peu fade…Cela a été ma porte d’entrée dans l’univers de la création.

ND : La voiture est un objet de séduction omniprésent et surmédiatisé! Il est intéressant de constater que beaucoup de designers industriel (Strate est spécialisé dans le design auto) sont venus à l’industrie via le rêve automobile. En design auto il y a très peu de places, il ne faut donc pas être bon, il faut être excellent !

– Il est assez aisé de comprendre l’attrait des designers pour le mobilier, mais moins pour le design industriel qui peut sembler moins « sexy » et assez indéfinissable tant son champ d’application est vaste…

ND : Nous suivons actuellement une entreprise qui fabrique des machines à laver, des sèches linges. Pour nous, designers industriels, une chaine de fabrication telle qu’ils en ont là bas nous fascine ! Une bobine de tôle d’aluminium entre d’un coté, une machine à laver en sort de l’autre… Entre les deux, ça tape, ça visse, ça roule, c’est presque de la magie !

DC : Le mot industriel est bien souvent galvaudé parce que l’on a l’image d’une industrie un peu vorace…Il ne faut pas oublier que le design tel qu’on le connait est très lié à l’industrie.

ND : La grande série est un des aspects de l’industrie qui nous intéresse, parce que nous avons l’impression de toucher les gens. Starck disait : « C’est en dessinant une brosse à dent pour la grande distribution que l’on se retrouve au cœur de la vie des gens. »

DC : Il y a une vraie notion d’utilité, nous essayons de toucher le maximum de personnes possible. Même si c’est sûrement de plus en plus difficile dans le cadre d’une pièce de mobilier, notre envie est bien entendu de dessiner un jour un objet qui soit sur toutes les terrasses de café ou que l’on puisse trouver chez des amis… Sans qu’il le sache !

NC : Ce n’est pas notre but en soit, mais cela fait plaisirs de rentrer dans la vie des gens, de rendre leurs intérieurs jolis. Mais ça n’a de sens pour nous que s’il y a la notion de série.

– Le design dit «  de galerie » n’est donc pas quelque chose qui vous intéresse ?

ND : C’est quelque chose qui nous intéresse, comme toute chose. Mais pour le moment, cela ne fait pas partie de nos préoccupations actuelles. Un jour peut être.

DC : C’est un sujet intéressant. Nous avons à ce sujet des points de vue différents…Ce serait adopter un double langage et s’éloigner de certaines de nos convictions…Par ailleurs, le design de galerie est LE sujet où l’on peut avoir une liberté comme nulle part ailleurs. Ce doit être intéressant de pouvoir tester des procédés et des matériaux difficilement compatibles avec l’industrie.
DC : La production de pièces uniques n’est pas une chose que l’on recherche contrairement à l’industrie où nous sommes constamment à la recherche de contrats. La question ne c’est pas encore posée, nous verrons. C’est une question d’opportunité.

– Vous vous êtes rencontrés sur les bancs de l’école. Comment en êtes vous venus à travailler ensemble ?

ND : Cela c’est fait assez naturellement. Pendant notre BTS, le corps enseignant était assez distant et nous avions tendance à beaucoup échanger entre nous, à demander les avis des uns et des autres. Naturellement cela se fait plutôt avec des amis et bien souvent la nuit, allez savoir pourquoi…Et puis il est connu que « charetter » ensemble, ça rapproche ! Par la suite, à STRATE on nous a encouragé davantage à travailler ensemble, cela c’est donc fait tout naturellement. En plus de ça, en arrivant à Strate nous n’avions pas tous le même bagage. Nous avions un peu d’avance sur le design et donc du temps. C’est comme ça que nous avons commencé à faire des concours. Et comme il s’agissait de notre propre initiative, nous avons commencé à y prendre beaucoup de plaisir.

– Diriez-vous donc que c’est parce que vous étudiés ensemble que vous avez une certaine facilité à travailler ensemble ?

DC : Nous faisions les mêmes études, mais c’est avant tout une histoire d’amitié. Par la suite, nous avons trouvé que nous avions une vraie compatibilité lorsque nous bossions ensemble. Nos projets devenaient aussi beaucoup plus intéressants.

ND : Il est vrai que nous produisions de bien meilleurs projets quand nous étions tous les deux. L’année de notre diplôme, nous bossions chacun sur notre projet. Je reste persuadé que ces projets ne sont pas aussi aboutis que si nous y avions travaillé tous les deux…
Cela fait maintenant des années que nous bossons ensemble, nous nous faisons entièrement confiance. C’est essentiel lorsque l’on commence à faire du business…

DC : Cette confiance est obligatoire puisque nous passons notre vie ensemble… Nous n’habitons plus ensemble que depuis peu de temps. Nous avons été en collocation à Paris, à Londres, à Versailles…

– Quels ont été les éléments marquants au cours de votre formation ?

DC : Nos deux années à Londres. Cela a été pour nous de supers expériences.

ND : Une année, il me restait du temps avant la rentrée. Je suis allé voir un ferronnier à la campagne en lui demandant de travailler avec lui. Je l’aidais en tant que manœuvre et en échange, il m’apprenait des trucs. Le fait d’avoir touché la matière change beaucoup les choses. Tu sais mieux comment la transformer et donc comment concevoir.

– Qu’êtes vous allez faire tous les deux à Londres… ?

DC : Alors que nous venions de terminer STRATE, nous sommes partis travailler à Londres dans deux studios qui avait des positionnements parallèles. Nous étions presque en concurrence directe, c’était hyper intéressant de partager nos expériences au quotidien… Les agences se « tiraient la bourre », il y avait une forme de rivalité.

ND : Nous travaillions chacun de notre coté et nos des boulots étaient ultra prenants. Nous n’avions que peu de temps pour nous. En deux ans, nous n’avons réussi à faire qu’un ou deux concours ensemble. Travailler pour quelqu’un d’autre pompe énormément d’énergie. C’était vraiment intéressant de partager cette vie ensemble.

DC : C’était d’une certaine manière les prémisses de notre studio actuel… Dans le fond, nous avons toujours su que Nous avions envie de travailler ensemble.

– Donc un jour, vous avec franchit le cap.

ND : Je crois que nous avons eu au même moment un ras le bol de Londres. Nous avions envie de rentrer…

DC : Dans notre secteur, il y a différentes manières de se lancer. Nous aurions pu travailler ensemble tout en continuant à bosser chacun de notre coté, mais nous avons préféré lancer notre studio et travailler tous les deux à 100%.

– Quelles étaient vos envies et vos ambitions lorsque vous étiez à l’école… ?

ND : Je ne suis pas sûr d’avoir eu des ambitions dès l’école. Il faut d’abord digérer la multitude d’informations qui te sont transmises pendant les premières années… C’est avec du recul pendant les stages que j’ai commencé à savoir ce que je voulais. Mon passage chez «Michel Young » m’a beaucoup aidé notamment pour son coté entrepreneurial. En rentrant de Hong Kong, j’avais l’envie de monter une boite mais le positionnement entre design mobilier et design industriel n’était pas clair… Et ne l’est toujours pas.

Par contre, il me paraissait indispensable de me former auprès de quelqu’un de bon. J’en avais besoin. C’est comme ça que j’ai atterri chez Benjamin Hubert à Londres, un designer de moins de 30 ans qui a déjà beaucoup de projets à son actif… Cela m’avait donné l’envie de le rencontrer et à la fin de mon stage, il m’a proposé de rester.

DC : De mon coté, chez DOSHI LEVIEN il y avait des similitudes. Nos boites travaillaient avec les mêmes éditeurs (Moroso, Cappelini, etc…) sur des créneaux proches. C’est d’ailleurs intéressant de constater que cette boîte n’est pas très connue du grand public alors que dans le microcosme du design, ils sont très reconnus. Je les trouve très fort et ils ont une vraie personnalité. Un vrai style qui leur est propre.
Pour ce qui est de se projeter, je suis assez différent de Nathanaël. Je suis plus du style: on bosse et on verra par la suite. Donc après avoir voulu dessiner des voitures, j’ai eu aussi envie de bosser chez un grand designer. Çà a été une super expérience, mais c’est aussi comme ça que je me suis rendu compte que le designer est beaucoup plus efficace lorsqu’il travaille à son compte et fait ses propres choix. J’ai beaucoup appris chez eux et je pense avoir bien progressé, tant au niveau de la réflexion que de l’appréhension des matériaux et de la manière de faire des maquettes.

ND : Je ne pense pas que ce soit le cas de tout le monde. Certains gars ont beaucoup d’idées mais ont besoin d’être encadré. Ces mecs là font et sont de super designer intégrés. D’autres ont davantage besoin de faire ce qu’ils ont en tête. Je pense que l’on peut être bon à son compte et mauvais collaborateur. Et inversement !

– Un jour vous avez franchi le cap, comment cela s’est-il passé ?

DC : C’était le moment pour nous de passer à autre chose.
ND : Il y avait peut-être un début de lassitude, mais j’avais surtout compris le fonctionnement de ma boîte et je n’avais pas forcément envie de rester plus longtemps. En deux ans, tu commences à avoir un peu fait le tour, le travail devient moins intéressant.

DC : On s’est alors dit que quitte à revenir en France autant essayer quelque chose. Nous nous sommes donnés 6 mois pour nous tester et voir si notre travail pouvait intéresser des gens.

ND : Nous avions besoin d’une période test. Nous nous sommes donc mis au boulot et il ne restait plus qu’à attendre les premiers retours positifs ! Nous cherchions des éléments de réponse. Un concours gagné, un produit édité….Et finalement çà a été assez vite.
A ce moment là, Damien était a Lyon et moi en Normandie. Il nous fallait donc trouver un endroit pour travailler quotidiennement ensemble. Via des contacts familiaux, nous nous sommes fait prêter un local et nous avons fait un workshop intensif pendant 6 mois. Nous n’avons fait que ça, ça n’a pas été très drôle. De toute façon, nous ne connaissions personne à Versailles…

DC : Donc plutôt que de sortir, nous avons travaillé. Nous avions trouvé une piaule chez une dame, nous dormions dans la même chambre…En fait, on arrêtait jamais. Ça a été une charrette de six mois.

– Diriez-vous que cette expérience a été fondatrice pour vous…?

ND : Oui, elle l’a été puisqu’il nous a fallu complètement réapprendre à bosser ensemble.

DC : Nous avions tout à apprendre. Et puis notre savoir-faire, nos qualités avaient évolué et nos domaines de spécialités s’étaient affinés.

– Qu’avez-vous fait pendant ces 6 mois ?

ND : Nous avons été très pragmatiques. Nous nous sommes dit : Comment fait-on pour mettre un produit à l’édition…? Viser une boîte ? Trouver une cible ? C’est alors que nous nous sommes rappelés que nous connaissions un pote de pote, qui connaissait un pote….Qui était éditeur. Une toute petite boîte. Quelques coups de fils plus tard, après un bon contact, le rendez-vous était pris pour la semaine suivante. C’était hyper rapide, trop rapide ! Nous avons donc passé une semaine à faire de nombreux petits projets puisqu’il n’aurait servi à rien d’aller les voir sans rien à leur montrer. C’était chez METYLOS et cela a donné lieu à notre première collaboration. Une petite lampe en feutre dont le développement a duré quelques mois même si sa mise au point avait été très rapide. Cela avait marché, peut être avions nous une carte à jouer…
Nous nous sommes remis à bosser sur un concours via des croquis, recherches, maquettes…et cela s’est transformé en dossier pour le VIA. Quelques semaines plus tard, nous étions lauréats de la bourse du VIA. En trois mois, nos 2 objectifs étaient remplis, nous étions réellement lancés.

DC : Nous savions que rien n’était gagné pour autant. C’est un équilibre précaire ! Le développement de notre chaise avec le VIA s’est d’ailleurs avéré bien compliqué.

ND : Le métal n’étant pas leur spécialité, nous étions un peu seul dans le développement de cette chaise. L’aide du VIA a donc surtout été financier pendant le développement. Par la suite, l’expo qui est faite de ces prototypes est aussi une aide géniale puisqu’il y a scénographie, catalogue, publication, etc….

Interview Désormeaux / Carette, jeune studio de création parisien Interview Désormeaux / Carette, jeune studio de création parisien Interview Désormeaux / Carette, jeune studio de création parisien

– Comment avez-vous fait pour financer ces premiers mois d’existence ?

ND : Cela a été simple, nous avons vécu 6 mois en ne dépensant presque rien. Nous avions fait en sorte de ne payer ni logement, ni local. Nous avions besoin de très peu, mais ce n’était pas très fun.

DC : Je regrette presque de ne pas avoir mis de coté davantage pour prolonger cette expérience de quelques mois. Maintenant c’est différent. Il nous est nécessaire de faire des projets qui nous permettent des rentrées d’argent régulières.

– Une lampe pour METYLOS, un appel à projet du VIA…Et après… ?

DC : Nous avons participé au speed-dating du VIA pendant lequel nous pensions avoir trouvé des pistes intéressantes, mais cela n’a pas abouti. Cela avait bien « matché » et nous avions travaillé au développement de quelques projets avec un petit éditeur, mais cette boîte a coulé…Aujourd’hui, nous essayons de recycler ces projets. Certains sont en bonne voie.

– Qu’avez-vous pensé de ce SPEED DATING lancé par le VIA.. ?

ND : C’est une très bonne chose, il y a des industriels français qui sont en réel besoin de designer et le speed dating permet ces rencontres. Ces entrevues durent 5 à 10 min, on a le temps de voir si le courant passe ou pas. Nous l’avons refait (en 2015), cela va donner lieu à des collaborations.

DC : Nous avons toujours besoin de rencontrer des industriels et eux ont toujours besoin de trouver de nouveaux designers. C’est une initiative géniale! Le VIA est pour nous le plus gros levier que l’on ait eu depuis le départ de notre aventure. C’est une institution très fédératrice puisqu’ils connaissent tout le monde. Cela fonctionne très bien.

– Comment vit-on en tant que jeunes designers en France?

ND : C’est une bonne question! Elle est même centrale ! On oublie parfois que le design est avant tout un travail !

Nous avons des projets qui sont en cours d’édition, mais cela prend énormément de temps. Par ailleurs, comme tout le monde, nous avons des loyers à payer, notre studio (ils sont résidents aux Ateliers de Paris), nos impressions, maquettes. Face à ça, plusieurs solutions: soit nous avons des projets de suivi qui rapportent du cash chaque mois, soit on continue à bosser en freelance en partie. C’est notre challenge tous les mois.

DC : Au départ, on prend ce qui s’offre à nous et ensuite on apprend à mieux qualifier notre travail, à mieux se vendre et surtout combien on vaut réellement. Cela permet de remplir un portfolio et ainsi de rentrer plus facilement en contact avec de nouveaux clients.
Les projets connus de DESORMEAUX /CARRETTE sont donc la face émergée de l’iceberg…..

DC : Tout à fait. Les projets présents sur notre site sont presque « poussiéreux ». Il y a énormément d’autres choses mais il y a des projets à propos desquels on n’a pas le droit de communiquer et d’autres sur lesquels on ne le peut pas encore. Et d’autres que l’on ne veut pas communiquer.

ND : Il y a des projets « alimentaires » qui pourrait brouiller la lecture de notre écriture. Cela ne veut pas dire pour autant qu’ils sont au rabais. Nous faisons toujours de notre mieux.
Actuellement, nous travaillons avec un industriel dans le domaine du lavage/séchage de linge pour qui nous assurons une direction artistique sur une période longue. Nous les suivons sur le développement de quelques produits, du développement jusqu’à la mise en production.

DC : Dans ce type de cas, nous fonctionnons au forfait, établi selon un devis au préalable. Nous décidons ensemble d’un phasage afin d’organiser et optimiser au mieux notre collaboration. Il faut donc tenter d’évaluer le temps ce qui est très difficile et la plupart du temps, nous sommes en concurrence…

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– Comment déniche-t-on ces contrats?

ND : Ce sont des petites recettes un peu secrètes… Cela demande d’être très attentifs à l’écosystème du design. Nous faisons un gros travail de veille pour être au courant d’un maximum de choses et ainsi toucher plus facilement au but. Nous considérons parfois qu’il peut y avoir une opportunité même s’il n’y a pas de demande explicite. Notre argument est souvent de les inciter à avoir une D.A en externe plutôt que d’embaucher en interne.

D.C : Pour nous, cela permet de changer tout le temps de boîte, de projets et de garder une belle énergie. Pour les industriels, cela leur permet d’avoir en permanence un œil neuf sur leurs problématiques. Parfois des entreprises tentent de nous intégrer mais ce n’est pas ce que nous cherchons.

– Quelle est la répartition de votre travail… ?

ND : 70% de projets « alimentaires » et 30% de projets « « funs » de type mobilier. Nous n’avons guère le choix. La mise en place des projets est très longue et les royalties ne sont pas prêtes de constituer une vraie rentrée d’argent…

DC : Ce n’est pas un souci pour autant. De notre côté, plus nous travaillons sur des problématiques industrielles plus nous avons envie d’en faire…Ce qui est moins fun pour le grand public ne l’est pas forcément pour nous et heureusement parce que nous y passons beaucoup de temps!

ND : Aujourd’hui, nous ne communiquons que sur nos petits objets mais rien ne dit que demain nous ne mettions pas en avant nos travaux de suivi, le design global.

– Commencez-vous à avoir conscience de votre ligne éditoriale, de votre écriture …. ?

ND : Je pensais que des gens écriraient sur ce que l’on fait, décrypteraient notre production, mais non. Nous n’avons pas vraiment avancé de ce côté-là. N’oublions pas que nous avons que deux ans d’existence…

DC : De toute façon, je ne sais pas s‘il est judicieux de mettre les designers dans une case puisque nous évoluons en permanence… Chez nous, je pense qu’il y une interrogation récurrente sur le procédé de fabrication, mais ce n’est pas nécessairement visible. C’est une réflexion issue de notre travail industriel. Nous cherchons à ne jamais être déconnectés d’une réalité constructive.

ND : Il est difficile d’innover dans l’industrie, à la différence du mobilier où bien souvent on est très proche de l’artisanat. Dans l’industrie, chaque changement peut avoir d’énormes répercussions en termes de processus et bien sûr de coûts!

DC : Nous avons pleins de projets que nous pourrions presque jeter à la poubelle, parce que trop ambitieux pour l’industrie et représenteraient de trop gros investissements…Beaucoup d’entreprises ne peuvent ou ne veulent pas forcément investir.

ND : Nous travaillons actuellement sur un tout petit projet. Nous pensions que ce serait très simple à fabriquer mais en fait c’est tout le contraire. Tous les éléments sont artisanaux et sont du coup très compliqués à assembler… Cela signifie que quelqu’un doit avoir la responsabilité d’ajuster le tout…

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– Aimeriez-vous faire la jonction entre ces deux mondes que sont l’industrie et le mobilier?

ND : Il ne faut pas oublier que la plupart du temps, la production des grandes boîtes d’édition est complètement industrielle. Les grands italiens ou même plus proche des entreprises comme Ligne Roset / Cinna ont leurs lignes de production en propre.

DC : Curieusement, nous, nous travaillons moins le bois, parce que ce n’est pas un matériau idéal pour l’industrie. Alors que c’est aussi le matériau le plus accessible. Tout le monde ou presque, a la possibilité d’expérimenter ses idées en bois, alors que ce n’est pas le cas du métal, dont le prototypage est vraiment plus compliqué et plus lourd à lancer…

ND : Quand on a la possibilité de rencontrer une entreprise ayant pu réaliser soit même le prototype, c’est plus concret que d’arriver avec une 3D et une minuscule maquette en fil de fer. Cela facilite le dialogue.

– Aujourd’hui, comment travaillez-vous et quelles sont vos inspirations ?

ND : Nous avons une vraie complémentarité qui c’est faite naturellement. Nous n’avons pas de rôles prédéfinis, mais je crois que Damien s’attache à la forme des choses, à la composition et moi je remets tout en question sur un plan technique.
Pour faire simple, je conçois des choses sans forme mais qui techniquement tiennent la route, alors que Damien dessine de chouettes objets un peu déconnectés de la technique.

DC : C’est tout à fait ça. Nathanaël fait des usines a gaz que je m’efforce de simplifier, alors que moi je fais des jolies choses sans savoir comment elles marcheront.

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– Cette confrontation permanente n’est-elle pas usante?

ND : Parfois si, surtout lorsque tu es persuadé d’avoir raison! Notre force est notre confiance mutuelle qui nous permet de nous dire l’un ou l’autre « Je te fais confiance, avançons dans ton sens ou dans le mien, nous verrons par la suite. »

DC : Heureusement nous n’avons pas de conflits d’ego. Cela arrive quand même que nous ne soyons pas d’accord, souvent même! Et heureusement!

ND : Même si nous avons chacun notre « spécialité », nous faisons tout pour ne pas rester enfermé dans celle-ci et remettons perpétuellement nos acquis en question.

Diriez-vous aujourd’hui que vous êtes interdépendants l’un de l’autre pour ce qui est de la création ?

ND : Aujourd’hui, nous ne travaillons plus séparément, donc la question ne se pose pas.

DC : Il me semble quand même que nous serions moins bon l’un sans l’autre. Notre binôme c’est construit comme ça. J’ai besoin de lui, de sa connaissance du design et de sa technique, il a besoin de moi sur d’autres aspects.

ND : Nous faisons en sorte de travailler ensemble et en même temps sur nos projets, en réfléchissant aux mêmes problématiques. Sauf extrême urgence bien entendu!

– Vous avez 2 ans d’existence. Avez-vous une idée de ce que vous voudriez faire d’ici 10 ans ?

ND : Il ne faut pas avoir d’ambitions mal placées, mais il a pleins de choses que l’on admire et qui nous donne envie. De notre coté, nous mettons tout en œuvre chaque jour pour arriver à concrétiser nos envies.

DC : L’architecture d’intérieur est un sujet qui nous plait. Changer d’échelle de projet serait un beau challenge et concevoir l’esprit global d’une marque, d’un magasin est quelque chose qui nous plairait. Nous sommes surtout ouverts à tout!

ND : il me semble que le design donne un prisme de lecture qui pourrait nous permettre d’aborder tout un tas de sujets différents, dont l’architecture. Il y a quelques temps, nous avons été amenés a faire du graphisme pour une affiche, le processus créatif a été génial!

DC : La création n’a pas de frontière et nous nous posons des questions sur tout. Les innovations, les matériaux, les savoir-faire, les objets connectées…

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– Vous avez déjà expérimenté l’architecture d’intérieure…

ND : Oui. De toutes petites choses pour commencer. Une vitrine puis une microarchitecture pour des pop-up store. Au départ pour des connaissances, mais aujourd’hui ce n’est plus toujours le cas. Cela veut dire qu’on est pas trop mauvais et que l’on ne va pas dans le mauvais sens…

– Vous avez donc maintenant des clients que vous ne connaissez pas.

DC : C’est ça, c’est très chouette, c’est une vraie étape dans notre développement. Ces personnes prennent contact avec nous après avoir vu notre travail sur le net. C’est comme ça que ça c’est fait avec Bellila avec qui nous travaillons sur un bougeoir.

– Sur quelle pièce de mobilier aimeriez-vous travailler?

(A l’unisson): Une chaise en plastique !

DC : Nous aimerions travailler l’injection! La forme, le sujet (la chaise), l’industrie…Sachant que c’est un processus très lourd à mettre en place, si quelqu’un te fait confiance sur un sujet comme celui-là, c’est déjà une petite victoire et un sacré début de reconnaissance!

– Vous étiez lauréat de la bourse du VIA, quelles conséquences sur votre travail.. ?

ND : C’est avant tout une superbe carte de visite. Le fait d’avoir été lauréats nous donne une vraie crédibilité en tant que jeune studio. Le VIA est connu et reconnu, c’est un vrai outil.

DC : Le VIA est top, mais c’est avant tout un outil de mise en avant de l’industrie, de projets , de jeunes studios. Ce n’est pas du business.
En ce qui nous concerne, le VIA a été à nos cotés quasiment depuis le début puisque nous avons été lauréats alors que le studio n’avait que quelques mois. Le résultat, lui, a mis près d’un an à être produit et mis en avant. Une structure comme le VIA a de l’inertie, ce n’est pas une start-up.

ND : Le design ce n’est pas qu’une idée. Il y a de longues expérimentations, des process a développer, des outils et des partenaires à trouver, c’est normal que ce soit long, très long.

DC : Le temps de la création est 1% du projet….

– L’industrie apporte sont lot de contraintes. Vos projets sont-ils proches de vos dessins originaux.. ?

ND : Nous y arrivons, mais cela demande énormément d’énergie de rester au plus près des objectifs que nous nous fixons. Il faut que le projet corresponde aux besoins, aux techniques et aux souhaits de ceux qui veulent bien t’accompagner…C’est très compliqué.

DC : Si tu relâches ces efforts, le projet peut mourir ou perdre toute sa qualité. Nous avons déjà fait l’erreur de croire que le produit était fini…. De toute façon, nous aimons ce travail auprès des entreprises, donc ça nous plaît d’effectuer ce suivi permanent.

– Vous êtes résidents aux ateliers de Paris, comment cela se passe-t-il ?

ND : L’admission aux ateliers se fait sur dossier puis entretien dans lequel il faut expliquer son projet à court et moyen terme.
En tant que jeune studio, nous avions envie de confronter notre travail et notre pensée. Les ateliers de Paris, qui sont à la fois des locaux et un incubateur, se prêtaient bien à ces rencontres que nous recherchions. Cela nous permet de bénéficier de formations sur le plan légal, juridique, administratif …

DC : C’est très intéressant pour nous d’être avec de jeunes entrepreneurs qui partagent la même aventure et les mêmes problématiques. On s’entraide, on fait profiter nos carnets d’adresses.

ND : C’est une opportunité géniale de rencontrer quarante personnes d’horizons professionnels différentes. C’est un réseau exponentiel.!

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– Avez-vous un avis sur l’écosystème du design en tant que jeune studio.. ?

DC : On a des avis, mais surtout des envies. Et pour l’instant, ce n’est pas de faire de l’auto édition. Nous sommes des créatifs et le métier d’éditeur est fait de problématiques différentes. L’auto-édition est une solution pour certains mais ne fait pas partie de nos projets actuels. Mais comme tout sujet, nous nous y intéressons.

ND : Si nous n’avions pas assez de boulot, peut-être nous poserions-nous différemment la question. Il est vrai que le marché de l’édition est compliqué. De notre coté, c’est pour ça que nous lançons pleins de projets à coté ! Certains designers comme Benjamin HUBERT ont monté leur business sur l’édition et ça marche bien pour eux.

DC : Si nous ne faisions que du mobilier, je crois que nous serions dans l’obligation de rentrer chez nos parents!

ND : Il faut travailler intelligemment. Viser la bonne boîte avec le bon projet pour avoir d’avantage de chance d’être édité. Certains projets ne rapporteront rien, si ce n’est une belle collaboration, des photos, des publications…Si l’on veut vivre de royalties, je pense qu’il faut étudier la chose de manière pragmatique. Qui vend quoi et en quantité? Et en quoi puis-je les intéresser…. Il faut penser un projet connecté au monde réel, un monde économique.

DC : Si nous travaillons sur une lampe ou une table pour tel ou tel éditeur, il faut étudier sa ligne éditoriale et tu as alors les grandes lignes du projets… Lorsque nous avons été en contact la première fois avec Hartô, Polit, etc… Nous avions l’impression d’être privilégié alors que c’est le cas de tout le monde. Le milieu du design français est très petit!
Ce que nous aimerions, c’est entrer en contact avec les italiens, les éditeurs implantés depuis des décennies…

ND : Nous essayons de nous ouvrir au monde parce que la France est un microcosme.

– Que conseilleriez-vous à de jeunes designers qui cherchent à monter leur studio ?

DC : C’est un aspect purement matérialiste, mais il est important de penser à mettre de l’argent de coté. Pour être à fond, je pense que c’est bien d’être libre de contraintes financières pendant quelques temps.

ND : Je pense qu’il est très important d’aller voir ce qu’il se passe au sein des autres studios, dans d’autres pays et apprendre auprès des autres…

DC : Nous avons travaillé dans de touts petits studios comme dans d’autres plus connus ou encore en designer intégré. Cela nous a forgé une culture du design et de l’industrie et nous a fait comprendre ce que nous voulions faire ou ne pas faire.

Interview Désormeaux / Carette, jeune studio de création parisien

Merci à Nathanaël DESORMEAUX et Damien CARETTE pour leur disponibilité et gentillesse

Plus d’informations sur le studio : Désormeaux / Carette (Consulter leur portfolio)

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By Blog Esprit Design


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À propos de l'auteur
Martin napoleoni
Etudiant en Architecture chez 
ENSA Lyon
Architecte et co-fondateur du studio NAPO+JEANNOT, je suis passionné par le design, l’architecture et l’art de vivre, et je me plais à décrypter les enjeux et les acteurs de la création. Lecteur et contributeur assidu, je vais tenter ponctuellement de faire des reportages et d’approfondir des sujets de fond émanant d’articles publiés dans BED.

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  1. Un design à plein tube et  pas assez show ?J’avais déjà  vu  cette video  avant de  faire mes commentaires.  En la revoyant plus en detail , je l’ai trouvé  interessante aussi bien humainement que techniquement mais la video est un processus lent et linéaire c’est pourquoi  quand le temps d’exposition image  est de plus en plus court , je pense  qu’  une gif anim  ferait bien  l’affaire  pour montrer   l’imbrication des deux cintres de knot ( nom ?) .. Avec une serie de meubles developpant  le même principe constructif, avec les pieces detachées fixées au mur ( methode d’expo  Big Game reprise par Benjamin Hubert) , je vous vois  awardisé  au red dot concept design award, à  Satellite Milan ou à DMY Berlin….

  2.  Beaucoup de  jeunes designers avancent dans la presse et en presentation   le nom de leur  école et les noms des grands studio  dans lesquels ils ont travaillé  en temps que  stagiaire ou  assistant comme des totems  mediatiques sans donner le dessous des cartes : pourquoi ce choix , ce qu’ils ont appris, ce qu’ils ont fait  fait concretement. Il y a des exception , Samuel Accoceberry,en Italie  Alexandre Echasseriau chez Nendo et Adrien Guerin chez Massaud.  En plusieurs années , je n’en compte pas plus que les doigt d’une main. Alors pourquoi  Londres et Singapour ? Pourquoi des designers anglais ?  Pourquoi  Benjamin Hubert doshi levien et  Michael Young?

  3.  Si j’ai bien compris c’est  une structure autoportante d’assise composé de 2 parties en tube coudé  qui s’ interverrouille mécaniquement .  Les  bosses à l’arrière  empechant  l’empilage , il serait peut être plus interessant de  passer  à une lounge chair qui ne s’empile que tres rarement….

  4.  Finalement ce studio français  est bien plus interessant que ne le laisse paraitre son site web  en anglais  et sans categories  en home page.  sans  rubriquage revue de presse, awards  et  sans liaison reseau sociaux… Il y a un gros travail de  marketing com web 2 et papier à faire ….

  5. Desormeaux  Carrette , c’est entre 1500 à 2000 occurences sur Google. avec à  l’  image  dans Google essentiellement des luminaires, des petites lampes   à poser  dont le vocabulaire et la grammaire artistique sont tres proche de beaucoup d’autres.  Il y a donc à mon avis  un travail de differenciation et  d’individuation  c’est  à dire   la mise en place  d’un processus de « distinction d’un individu des autres de la même espèce ou du groupe, de la société dont il fait partie ».  Or très peu  de studio en duo ne reussisse  cette individuation  sauf s’ils sont frères ( un seul  nom) ou couple très glamour bi   nationaux ….

  6.  Je conteste plusieurs  notions  et concepts  plus ou moins nomades, plus ou moins flous    dans le chapeau textuel   de Martin N  :  studio de création VS studio de design,  lauréat de la bourse du VIA  VS   prototype financé par l’association Via  (valorisation de l’innovation dans l’ameublement),  remporté le concours revelateur de talents  CINNA  VS premier prix catégorie Chaises      et pour finir quid de    ces objets 2.0 que nous appelons objets connectés qui seraient des outils de mobilité ? Sinon  l’interview est interessante car elle fixe souvent de manière implicite et quelquefois explicite  les limites  pratiques du concept de design….  en   France,  dans le secteur du mobilier et de l’edition … vue dans la presse deco papier.  Si »Le temps de la création est 1% du projet…. » un studio de design est un studio à 1% de creation…. pour gagner  3 à 5 % de royalties sur des  petites series. C’est à dire rien ou presque…. Quid de   l’ organisation  qui aide le design mobilier plus que le secteur d’ ameublement : »Une structure comme le VIA a de l’inertie, ce n’est pas une start-up « ….Quid du secteur du  mobilier « Si nous ne faisions que du mobilier, je crois que nous serions dans l’obligation de rentrer chez nos parents! »….  Purquoi pas un pas de côté ou de l’avant plutôt qu’une marche arrière.

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