145 étudiants de l’ENSAD repensent le sport avec Decathlon : découvrez Surface de Réparation

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23 janvier 2026 /
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Les Magasins Généraux de Pantin accueillaient fin 2025 une exposition qui interroge les fondements même de la création contemporaine appliquée au sport. Surface de Réparation, portée par Decathlon et l’École Nationale des Arts Décoratifs (ENSAD) sous le commissariat d’Alice Audouin, matérialise trois années de recherche menée au sein de la Chaire Écodesign & Création, lancée en 2022.

145 étudiants de l'ENSAD repensent le sport avec Decathlon : découvrez Surface de Réparation

Une des vocations de BED est bien de valoriser le travail prospectif, les recherches, les workshops en lien avec les écoles de design, la bassin français étant tellement riche, que beaucoup de ces initiatives passent sous les radars ! L’appel est lancé ! 

Une collaboration qui redéfinit les processus créatifs

Le programme repose sur une méthodologie singulière : celle du dialogue entre les étudiants designers de l’ENSAD et les équipes d’ingénieurs et de designers de Decathlon. Une vraie force de disposer des experts de la marque pour les étudiants afin d’avancer dans le bon sens.

145 étudiants de l'ENSAD repensent le sport avec Decathlon : découvrez Surface de Réparation

 

Une approche qui évoque d’autres collaborations fructueuses entre écoles et entreprises, comme les projets développés avec Pouenat où le savoir-faire du métal rencontrait l’expérimentation étudiante. Ici, pas moins de 145 étudiants ont conçu 68 projets créatifs qui explorent des manières inédites de concevoir, réparer et repenser les objets sportifs en intégrant dès la conception les enjeux liés à la durabilité et à l’usage responsable.

 

Le parcours se structure autour de cinq univers complémentaires : Arpenter les usages, Performer la matière, Habiter le soleil, Gagner la coopération, et Futurs probables. Ce dernier espace, porté par l’Advanced Innovation de Decathlon, propose une exploration prospective du sport à un horizon de 10 à 20 ans. Organisée autour de trois pôles prospective, science et design cette équipe imagine des scénarios concrets intégrant produits, services, modèles économiques, architecture et distribution, en s’appuyant sur des prototypes physiques ou numériques.

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Une scénographie pensée pour la durabilité

L’agence Arter a conçu une scénographie qui incarne l’esprit même de l’exposition : un design conçu pour durer, privilégiant le réemploi, les matériaux recyclés et une modularité fluide issue d’un circuit court. Cette démarche résonne avec les préoccupations contemporaines du design responsable, telles qu’explorées lors de la Biennale Internationale Design de Saint-Étienne 2025, qui interrogeait les ressources et les modes de production durables.

Le choix des matériaux témoigne d’une attention particulière portée aux cycles de vie : panneaux modulables en bois issus de forêts gérées durablement, structures métalliques récupérées et réintégrées dans le circuit de l’exposition, textiles recyclés provenant de chutes de production. L’ensemble crée un environnement cohérent où la forme suit la fonction, mais également l’éthique. Cette approche fait écho aux projets récompensés par le France Design Impact Award, qui valorise les initiatives conjuguant innovation et responsabilité.

145 étudiants de l'ENSAD repensent le sport avec Decathlon : découvrez Surface de Réparation

 

L’écodesign comme méthodologie de création

Ce qui distingue Surface de Réparation des expositions traditionnelles, c’est son ancrage profond dans une réflexion systémique. Les projets présentés ne se contentent pas d’explorer de nouvelles formes ou de nouveaux matériaux : ils repensent l’ensemble de la chaîne de valeur, de la conception à la fin de vie. Cette démarche s’inscrit dans une évolution plus large du design vers l’économie circulaire, où chaque élément technique doit pouvoir être démonté, réparé ou réintégré dans un nouveau cycle de production.

Les matériaux mis en œuvre par les étudiants révèlent une diversité d’approches : textiles techniques issus du recyclage de bouteilles plastiques, structures composites alliant fibres naturelles et résines biosourcées, mousses techniques provenant de déchets industriels réintégrés. Certains prototypes explorent également l’hybridation matérielle, combinant bois, métal recyclé et polymères techniques pour créer des objets légers, résistants et démontables. Une approche qui rappelle les expérimentations menées par Wilfried Becret avec ses déchets de verre, transformant des résidus industriels en nouveaux matériaux créatifs.

Une exposition pour un design engagé

Au-delà de la simple présentation de prototypes, Surface de Réparation constitue un manifeste pour repenser la place du design dans l’industrie sportive. L’exposition propose une réflexion collective sur la manière dont design, innovation, sport et responsabilité peuvent s’unir pour imaginer un futur où l’engagement commun et la créativité ouvrent la voie à des pratiques plus durables et accessibles.

145 étudiants de l'ENSAD repensent le sport avec Decathlon : découvrez Surface de Réparation

Samuel Tomatis et le projet XPLO 2042 : quand les algues deviennent matière sportive

Ce projet explore le potentiel des algues à travers des objets qui incarnent les thématiques Wellness, Mobility, Performance et Outdoor. Un kimono matelassé, des sacs Algae Bag, une paire de chaussures inspirées des geta japonaises et un Pod Monowheel ultra-compact, des haltères… et d’autres projets encore… Bravo pour ce beau travail
inspirant !

La thématique Wellness s’inscrit dans les attentes des nouvelles générations en plaçant le bien-être collectif au cœur de la démarche de design. La thématique Mobility interroge de nouvelles formes de déplacements urbains plus respectueuses de l’environnement en imaginant des services de transport innovants et durables. La thématique Performance évoque la célébration de l’effort, de la persévérance et du dépassement de soi. Enfin, la thématique Outdoor explore la manière dont la pratique sportive en pleine nature peut s’allier à une gestion responsable des ressources. Dans cette dynamique, Décathlon affirme son engagement à réduire son empreinte écologique globale en privilégiant l’utilisation de matériaux locaux et biodégradables.

Samuel Tomatis et le projet XPLO 2042 : quand les algues deviennent matière sportive

Ensemble, ils ont imaginé Décathlon dans 20 ans pour penser un futur où le sport devient une solution aux grands défis de notre époque. Ce projet est né d’une ambition forte : faire de Décathlon une entreprise ayant adopté une philosophie régénérative, où chaque action contribue à restaurer et améliorer notre environnement tout en favorisant le bien-être collectif.

Les haltères

Le process de moulage haute pression développé par Samuel Tomatis permet d’obtenir un matériau 100% algue. La masse volumique du matériau est proche de celle du sable. Elle est idéale pour le renforcement musculaire et le soft fitness. Le produit possède des disques additionnels permettant d’ajuster le poids lors de la pratique, devenant ainsi un objet adaptable à tou·te·s.

Le Pycotex

Depuis plusieurs année, Anaïs Jarnoux et Samuel Tomatis travaillent sur la recherche et le développement du Phycotex. Un néo-matériau à base d’algues développé en laboratoire, qu’ils déclinent sous différentes formes. Anaïs Jarnoux est tapissière et a transformé sa pratique passant du champs traditionnel à celui du contemporain. Elle met en avant des process hybrides afin d’explorer les intersections entre design, matériaux innovants et savoir-faire traditionnel. Son travail méticuleux et sa vision novatrice lui permettent de questionner la relation entre l’humain et l’objet dans son environnement.

Le Pant

est réalisé en collaboration avec Hanako Stubbe. Il est tissé à partir de bande d’algues, puis assemblée avec les autres grâce à un fil de lin.

Samuel Tomatis et le projet XPLO 2042 : quand les algues deviennent matière sportive Samuel Tomatis et le projet XPLO 2042 : quand les algues deviennent matière sportive Samuel Tomatis et le projet XPLO 2042 : quand les algues deviennent matière sportive

Les Algae Bag

intègrent des boutons réalisés en matériau 100 % algue, associés à une base souple également issue d’algues. Sa sangle, en papier viscose est colorée avec une teinture végétale à base de réséda.

Les Waist Bag

réalisés en algues et composants upcyclés, adapté à la récolte des plantes et des déchets, il est composé de matériau souple en algue et de matériaux recyclées.

Les chaussures déclinent cette recherche matérielle en intégrant une semelle intermédiaire en algues offrant isolation thermique et absorption des chocs. Cette approche fusionnant tradition japonaise et innovation biosourcée illustre comment les matériaux locaux et biodégradables peuvent répondre aux exigences techniques du sport.

Samuel Tomatis et le projet XPLO 2042 : quand les algues deviennent matière sportive

Le Pod Monowheel,

quant à lui, utilise le Phycotex souple pour la selle et les poignées, intégrant ce matériau innovant dans un dispositif de mobilité urbaine autonome

Ce travail sur les algues redéfinit les contours de la tapisserie contemporaine en réinventant formes, textures et finitions. Samuel Tomatis et Anaïs Jarnoux ont validé l’ensemble des techniques liées à ces matériaux pour les décliner dans les domaines de l’objet, l’agencement, l’accessoire, la mode ou le packaging, démontrant ainsi la polyvalence du Phycotex et son potentiel pour des applications prospectives multiples.

Samuel Tomatis et le projet XPLO 2042 : quand les algues deviennent matière sportive

Le studio Samuel Tomatis, par ses recherches est convaincu que de nouvelles formes d’industrialisation claquées sur le vivant et les écosystèmes sont possibles. Une industrie raisonnée, pensée pour répondre à des enjeux locaux, où l’échelle de distribution se fera en harmonie avec la disponibilité de la ressource et l’endroit où elle se trouve. Une industrie calquée sur la saisonnalité de la biomasse et rythmée par des périodes de jachère, de pousse, de récolte puis de production. Une industrie entièrement circulaire, où les rebuts de production, seront réintégrés au process de transformation. Une industrie à l’encontre d’un système extractiviste afin de proposer des solutions non pétrolifères.

En savoir plus sur les designers : Samuel Tomatis, Anaïs Jarnoux,

En savoir plus sur l’exposition : Magasins Généraux et sur Decathlon

© studio.b.belle, felix_mayre, olivier humbert, anais jarnoux

By Blog Esprit Design


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À propos de l'auteur
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Vincent Roméo
Fondateur, rédacteur en chef chez 
Blog Esprit Design
Gardien de la maison BED, fondateur, dévoué je passe mon temps à veiller la nouveauté qui vous fera briller les yeux. En parallèle : Head of digital & Associé 14 septembre - Groupe Extreme

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