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Braid Coat Rack : le portemanteau tressé de Nicholas Baker Studio

Le portemanteau fait partie de ces objets que l’on regarde une seule fois, le jour de l’achat, puis plus jamais. Il attend dans l’entrée, bien caché sous une montagne de manteaux, casquettes et parapluie.
Voici ce matin, le projet baptisé Braid Coat Rack, signé du designer Nicholas Baker, où il place la réflexion, forme, fonction, équilibre et structure sur la même idée. Quatre montants ou pieds, une torsade au centre, et l’objet semble se figer grâce à sa propre tension.
Pourquoi tresser un portemanteau plutôt que le dessiner droit ?
La plupart des portemanteaux sur pied séparent deux choses : ce qui tient debout et ce qui décore. Un mât central, une base lestée, des crochets rapportés. Ici, les deux se mêlent, les montants s’entrelacent à mi hauteur, puis s’écartent vers le sol pour former le piètement, et s’écartent à nouveau vers le haut pour devenir les points d’accroche. Une seule opération produit la stabilité et la fonction.
Le tressage apporte aussi ce que le tube droit ne donne jamais : un rythme, une répétition, une torsion qui accroche la lumière. La silhouette rappelle une gerbe de branches ou un faisceau de tiges liées. On reste dans le registre du geste manuel, ce qui est cohérent avec un objet que l’on manipule chaque jour en rentrant chez soi.
Le blog a déjà croisé cette famille de recherches formelles, avec Lasso, le portemanteau de Pavel Vetrov pour Artu, une boucle de métal unique, ou avec Flamingo de Patricia Alambiaga, construit en lames de métal courbées. Le Braid Coat Rack ajoute une variable : l’entrelacs.
Quels matériaux donnent sa forme au Braid Coat Rack ?
Deux versions apparaissent dans les images d’atelier partagées par le studio. Une version sombre, en tube métallique cintré, finition mate. Une version claire, en bois de teinte naturelle, montée avec un jeu de crochets qui prolongent les montants.
Le choix de la matière change complètement la lecture de la tresse. Le tube métallique garde une section constante sur toute sa longueur, ce qui rend la torsade très lisible : la lumière glisse le long du profil et souligne chaque croisement. Le noir mat renforce l’effet graphique, presque celui d’un trait de crayon dans l’espace. Le bois, lui, adoucit tout. La courbe est plus large, la torsade moins serrée, et l’objet gagne en chaleur ce qu’il perd en tension.
Sur les maquettes, un axe traversant vient bloquer le cœur de la tresse. Dans un assemblage tressé, tout le travail se joue au point de croisement, là où les efforts se concentrent.
Le sujet du tube cintré revient souvent ici, par exemple avec Manuel Golub qui plie le tube d’acier pour une chaise de bistrot. Côté tressage appliqué au mobilier, la collection Bamboo Steel de Nendo transposait déjà une technique de vannerie au tuyau d’acier, et la chaise Saski de Jean Louis Iratzoki pour Alki faisait la même chose avec des bandes de bois.
Comment passer du fil de fer au portemanteau grandeur nature ?
C’est sans doute la partie la plus instructive du projet, et la plus rassurante pour les amoureux de la conception qui doutent de leurs maquettes en carton. Tout commence avec une idée, un dessin, ici c’est avec des tiges métalliques fines, pliées à la main, tressées entre les doigts pour comprendre le comportement de la forme. Vient ensuite une série de maquettes imprimées en 3D à petite échelle, en blanc, avec plusieurs variantes de nombre de brins et de serrage du nœud. Enfin, le passage à l’échelle réelle, avec du tube cintré en atelier.
L’impression 3D est pleinement intégrée aujourd’hui dans les phases de conception, permettant rapidement de monter à l’échelle et de déceler les soucis ou améliorations à apporter au projet.
Cette logique du test rapide, où l’impression 3D sert à valider une intuition plutôt qu’à produire l’objet final, on la retrouve régulièrement dans nos pages, comme avec Mod u, la lampe modulaire de Joanne Odisho.
Et si la même torsade devenait un pied de table ?
Le designer le dit lui même : « cette structure ne demande qu’à sortir du vestiaire. » Il évoque un usage possible en pied de table, ou en support de bougie. Une tresse qui s’ouvre en quatre points au sol et se resserre au centre donne exactement le profil d’un piètement. Reste la question du plateau, de la charge et de la reprise des efforts latéraux. Hâte de voir la suite de la collection et exploration de cette idée et forme.
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Qui se cache derrière Nicholas Baker Studio ?
Nicholas Baker est un designer installé à Brooklyn, né en Caroline du Nord, diplômé du Savannah College of Art and Design. Il a commencé sa carrière en dessinant des produits pour animaux avant de fonder son studio en 2017. Le travail y porte sur le mobilier, le luminaire et les objets du quotidien, avec un goût assumé pour l’interaction familière et le petit détail qui fait sourire. Il anime aussi un podcast de design industriel, Minor Details, avec un ami designer, et s’est fait connaître par une série de croquis de chaises publiés chaque semaine pendant deux ans.
Le Braid Coat Rack reste, à ce stade, un concept documenté par le studio. Pas d’éditeur annoncé, pas de prix, pas de dimensions officielles. C’est le moment le plus fragile pour ce type de projet, celui où la démonstration convainc mais où l’industrialisation reste à écrire. Nous avons déjà décrit cette zone grise avec DIAL, la lampe de Saika Katagiri. À suivre, donc.
Pour prolonger, notre sélection complète de projets dédiés aux portemanteaux est par ici.
Plus d’informations sur le studio : Nicholas Baker Studio
English version
Braid Coat Rack by Nicholas Baker Studio (Brooklyn, New York)
The Braid Coat Rack is a concept by Nicholas Baker Studio in which the structure of a standing coat rack becomes its main visual feature. Four slender uprights are braided together at mid height, then splay outward at the bottom to form the base and open again at the top to create the hanging points. Stability and function come from a single construction move, rather than from a mast with hooks added afterwards.
Two material versions are visible in the studio footage: one in bent metal tube with a matte dark finish, where the constant section makes each crossing highly legible, and one in light natural wood, softer and warmer, with wider curves. Early studies used hand bent metal rods and small scale models printed in 3D, with a through axle locking the centre of the braid, before the design moved to full size bending in the workshop.
Baker has suggested the same braided structure could work as a table leg or a candle holder. The project remains a prototype, with no manufacturer announced. Nicholas Baker founded his studio in Brooklyn in 2017 after studying at the Savannah College of Art and Design.
Published by Blog Esprit Design, independent French design webzine since 2008.

























